Deux premiers jours de travail

Nous voilà à Bamako depuis presque une semaine. On commence à se familiariser un peu avec le quartier, et on passe de nouvelles étapes dans nos découvertes tous les jours ! Jeudi et vendredi, nous avons commencé le travail.

 

Pour moi (Thomas), ça a été un peu complexe : pas de contact très approfondi avec mon équipe avant le départ, aucune idée de l'endroit où se trouvaient les bureaux en arrivant… Dès mardi on a finalement appris que la DNM (Direction nationale de la météorologie) se situe vers l'aéroport. C'est à dire à un bon 20 minutes en voiture de l'appartement ! Petit souci: comment y aller ? En taxi ? C'est cher (plus de 100 euros par mois)... A pied, c'est beaucoup trop loin. En mobylette ? Comment dire... Etant donné l'application très particulière du Code de la route qui est faite par les Maliens, nous avons préféré ne pas trop réfléchir à cette solution. C'est donc en taxi que je suis parti le 1er jour... Mais soulagement : j'ai appris sur place que la DNM met à disposition de ses employés une navette aller retour depuis le centre de Bamako, laquelle, heureux hasard, passe sur l'échangeur routier juste à côté de chez nous. Ouf! Quant au travail en lui-même, c'est un peu flou pour l'instant !

En arrivant jeudi, date prévue du début de mon stage, je n'étais visiblement pas très attendu... Le directeur national (avec qui j'avais discuté) était parti en mission pour 15 jours (conférence sur le climat des Nations Unies de Bangkok). Le directeur adjoint m'a donc gentiment reçu mais n'était pas très au fait du dossier. Il m'a donc envoyé chez le directeur de la branche recherche et développement de la DNM qui m'a très agréablement reçu et écouté. Il m'a ensuite confié que lui non plus n'était pas très au courant, mais m'a indiqué qu'on allait faire un programme ensemble, bien que ce que je lui avais exposé ne corresponde pas vraiment à ce qui est fait d'habitude au sein de la DNM (structure scientifique, où seul le directeur national semble s'occuper des questions plus politiques telles les négociations internationales sur le climat). Le « programme » détaille seulement les premiers jours, ce qui me convient. Le temps que ce document soit écrit, que le directeur réalise la prévision météo hebdomadaire, qu'il fasse passer un entretien à un stagiaire malien, qu'il reçoive une doctorante, que nous discutions... je suis resté assis en face de son bureau (pendant environ 6 h !). Heureusement, j'avais un peu de lecture, mais c'était long quand même ! Il m'a ensuite raccompagné en voiture.

Le lendemain, vendredi, je devais encore passer la journée dans le service R&D, avec le directeur, pour en savoir plus sur le fonctionnement du service. Mais le directeur n'est arrivé (tard) que pour mieux repartir car il avait une réunion toute à la journée au ministère.... Il m'a donc dit, ainsi qu'à l'autre stagiaire -Abdramane-, que nous étions « free » pour la journée. Nous nous sommes installés dans un bureau et nous avons discuté (Abdramane a essayé de m'apprendre un peu de bambara). Puis nous avons pu avoir accès à internet avec mon ordinateur... Ce qui m'a permis de travailler par moi même tout le reste de la journée. En résumé : tant que le directeur national ne sera pas rentré (fin de semaine prochaine), je serai assez libre ! J'espère que tout va se préciser avec son retour.

 

Pour moi (Amélie), c'était plus facile : j'avais suivi une semaine de formation en Europe, me préparant à mes futures tâches ; en outre, d'un point de vue pratique, les bureaux de l'ONG sont situés juste en dessous de l'appartement que nous occupons, et nous avions rencontré l'équipe dès mardi, ce qui facilite la prise de fonctions !

Mon arrivée n'était donc pas une surprise pour l'équipe, qui m'a très bien accueillie. Les deux journées sont passées assez vite car il y a beaucoup à faire : remplir une demande de financement, etc etc... et comme il s'agit principalement de travail de rédaction, assez peu apprécié par l'équipe, je suis très sollicitée.

La difficulté, c'est d'avancer sur tous les points auxquels je n'ai pas de réponse ou que je ne connais pas bien (parce que je ne connais pas  encore les détails de l'activité, ni du droit malien des enfants !). D'abord parce que les membres de l'équipe sont souvent dehors pour les tournées sur le terrain. Ensuite parce qu'en l'absence du chef (ce qui était le cas vendredi), rien ne peut se faire, parce que TOUT se fait en équipe!... Les nombreuses questions que je me posais n'ont donc pas pu recevoir de réponse, il faudra attendre son retour lundi... Et puis aussi, sur une journée de 7-8 heures (on commence vers 8.30, et la « descente », comme on dit ici, se fait vers 16.30)... environ 3-4 heures sont effectivement consacrées au travail. Le reste du temps, on discute, on déjeune, on prend le thé, on fait la pause ; il ne sert à rien de se presser, on a le temps... Ça a ses bons côtés: je me sens bien intégrée, je partage le repas (repas africain: on mange local, riz sauce, ou fonio, avec un bout de viande ou de poisson, tous dans le même plat, à la main... mais je fais ma toubab: je garde ma fourchette, je trouve encore ça plus pratique pour le moment !), le thé, les discussions... Mais cela présente aussi un inconvénient majeur, par rapport en tous cas à ma façon habituelle de travailler : je me sens bien moins efficace... Enfin globalement, je suis plutôt satisfaite de cette prise de contact : j'ai la chance de travailler dans un environnement très sympathique, et je ne suis pas désœuvrée, loin s'en faut !

Écrire commentaire

Commentaires : 9
  • #1

    Agnes (dimanche, 04 octobre 2009 15:38)

    Je venais de tenter une connexion via skype pour avoir des nouvelles ... de vos prises de travail : j'ai la réponse à toutes mes questions, merci.
    Effectivement, il va falloir apprendre à gérer la notion du temps qui semble plus humaine et Afrique qu'en France "où on court tout le temps". Sans doute le Africains ont aussi intégré la chaleur à leur façon de faire : avec 35°on n'a pas le même rythme qu'avec 17°, aujourd'hui à Amiens.
    Bises et bon courage pour la semiane prochaine.

  • #2

    AC (lundi, 05 octobre 2009 09:08)

    A mon avis, ce qui va être difficile, ce n'est pas de s'habituer à ce rythme mais de reprendre, un jour peut etre !!, le rythme français :)
    Bon courage à tous les deux
    Bisous

  • #3

    chris (lundi, 05 octobre 2009 13:26)

    ToM, c'est pas gentil d'"exploser" ton programme aux gens... ;) Drole de lapsus!

  • #4

    La Grenobloise (lundi, 05 octobre 2009 14:15)

    Ah ah, tout à fait d'accord avec AC :)
    Elle est aussi faite pour ça votre année : prendre le temps, nan?
    Sympa les photos, j'espère que vous allez bientôt briser la glace et nous montrer les visages de ceux qui vous entourent.
    Travaillez (ou autre) bien!

  • #5

    Kim (lundi, 05 octobre 2009 15:46)

    Waouh, ça démarre fort! Ton histoire de toubab et de fourchette m'a bien fait rire mais t'inquiète, j'ai plusieurs potes
    d'origine sénégalaise ou ivoirienne qui mangent avec une fourchette quand il sont au bled :)
    Bon courage alors, et continue de nous raconter tes aventures!
    Bises.

  • #6

    H. (lundi, 05 octobre 2009 15:56)

    Si tout le monde met les doigts laisse tomber la fourchette (y a que eux que tu protège de toi et pas la réciproque).
    Le coeur de l'Afrique ne bat pas au même rythme que l'europe du nord ( quoi que parfois à la sécu, la poste ou certains services de Bercy...).

  • #7

    Maëva (lundi, 05 octobre 2009 21:03)

    ca commence du on dirait... assez d'accord avec H, tout est une question de rythme! ca va vous faire du bien de décrocher un peu, non?

  • #8

    Mathilde (mardi, 06 octobre 2009 00:23)

    Ne t'inquiète pas Thomas, les choses vont se mettre en place à leur rythme, j'ai été confrontée au même problème en arrivant à Yaoundé, dans ces moments il faut prendre les choses en main, et te connaissant tu n'hésiteras pas ;)

  • #9

    Amélie (mercredi, 07 octobre 2009 09:23)

    La fourchette, ça n'est pas tant par mesure de précaution "sanitaire" que pour son caractère pratique... Manger du riz brûlant avec une sauce tout aussi brûlante à la main, ca n'est pas simple! :-)