Bamako / Ouagadougou

On retrouve la même terre, rouge et sèche, dans les rues non goudronnées – et les mêmes nuages de poussière provoqués par le passage des voitures et motos. D'ailleurs, en parlant de poussière, un gros nuage de sable venu du Sahara est passé au-dessus de la ville les 2 derniers jours, donnant au ciel une coloration jaune sale, cachant le soleil – et faisant tomber quelques degrés.

 

Les mêmes vendeurs de tout et n'importe quoi, qui essaient de fourguer leur camelote à tout le monde et spécialement à nous, mais avec une inventivité plus exacerbée qu'à Bamako. A notre arrivée le premier jour, tranquillement assis dans un maquis, nous nous sommes ainsi vu proposer en l'espace d'une demi-heure :

des faux dvd chinois,

des livres,

des CD,

des fournitures scolaires,

des jeux de hasard à gratter,

des abonnements sur téléphone (résultats de matchs de foot),

des cartes téléphoniques,

des lunettes,

des bananes,

de l'artisanat touareg, (que du classique)

mais aussi, plus improbable :

de la viande ;

des roulements à billes de voiture (« j'en ai plein, si vous voulez ») ;

un tuyau d'arrosage ;

une canne orthopédique ;

une lampe torche grosse comme nos têtes (« mais si c'est utile en voyage ! Et c'est pas si gros, bien sûr que ça rentre dans vos sacs... ») ;

un espèce de bidule en plastique censé muscler la main (mort après le 1er essai de Thomas), …

 

Les mêmes maquis proposant riz au gras, frites, allocos, riz arachide, bière, Nescafé et Lipton. Sauf qu'ici, il y en a à tous les coins de rue – bien davantage qu'à Bamako. Mais qu'en revanche les portions sont beaucoup plus chiches pour le même prix (résultat, avant-hier on a dû manger dans 2 maquis différents pour combler notre faim)...

 

Les mêmes petites motos (bien qu'ici, les japonaises volent la vedette aux chinoises) et les mêmes voitures « au revoir la France » (tout de même globalement moins défoncées qu'à Bamako), les mêmes accidents même si la circulation est moins anarchique qu'à Bamako.

 

La même gentillesse des gens une fois qu'on a lié connaissance ; mais, globalement, une plus grande circonspection au premier abord.

 

La même verdure dans les rues – pas mal d'arbres, même si les manguiers cèdent le pas aux flamboyants et autres espèces endémiques dont nous ne connaissons pas le nom.

 

Au rayon des différences, Ouaga est mieux équipée en termes d'infrastructures que Bamako. Davantage d'immeubles construits, de « goudrons », comme on dit ici, d'égouts couverts, de trottoirs pavés, d'éclairages publics... Les rues sont aussi plus larges, plus aérées. Cela donne une impression de modernité et surtout de moins grande saleté qu'à Bamako – même si on retrouve les fameux sachets plastiques un peu partout, et des tas de déchets ça et là – mais surtout dans les quartiers périphériques.

 

Le réseau de taxis aussi : à Bamako c'était simple, on donnait la destination, on négociait le prix, et hop, c'était parti... Ici, les taxis fonctionnent comme des bus, sur les lignes données qui se terminent toutes en centre ville. Pour aller dans un autre quartier il faut prendre un autre taxi – et donc trouver l'endroit d'où partent ceux qui vont là où on veut aller... Pas pratique. Mais pas cher : 200 FCFA (0,3 euros) par personne pour une trajet sur une ligne. Si en revanche on veut aller à un endroit précis sans avoir à changer de taxi, là, le taximan vous le fait payer... De manière inversement proportionnelle au bronzage de votre peau, cela va de soi. De plus, pour rentabiliser leurs lignes, les taximen ont une fâcheuse tendance à bien remplir leur voiture : jusqu'à 6 passagers (2 sur le siège avant, 4 à l'arrière), alors que leurs homologues bamakois étaient moins bourratifs.

 

Nous sommes moins gênés qu'à Bamako par la pollution. Peut-être parce que davantage de goudrons, moins d'embouteillages (le nombre de ponts limité à 2 au dessus du Niger à Bamako est vraiment une catastrophe pour la patience des conducteurs et les poumons des Bamakois), et une situation géographique plane (pas de cuvette comme à Bamako) ?...

 

En revanche les « délestages » (coupure d'électricité) sont pires qu'au Mali. Ils durent des heures... Et des heures sans électricité, ça veut dire : pas de ventilo, tout qui se réchauffe dans le frigo, au travail pas d'ordi donc pas de boulot, difficultés à téléphoner, etc etc... Ben voilà, faut supporter, avec stoïcisme, que peut-on y faire ? Il paraît qu'un accord a été trouvé avec la Côte d'Ivoire pour améliorer la situation. Les Ouagalais sont sceptiques...

 

Et ici pas de thé, pas de « grain » comme au Mali à l'arrivée du « petit soir »... A Bobo on trouvait encore cela, mais plus ici à Ouaga, et on ne l'a pas vu non plus à Boromo, Koudougou ou Gaoua... Dommage, on aimait bien.

 

Moins de mosquées aussi. Et nécessairement, moins d'appels à la prière. Ouf, païens que nous sommes, nous pouvons dormir sans être réveillés à 5 heures par le lancinant « Allah ouakbar » (oui, c'est phonétique, on ne maîtrise pas l'arabe).

 

Et les noms aussi ont changé, évidemment. Plus de Diakité, Keïta, Diarra, Traoré, Sidibé, Koné, Touré, Diabaté, Bagayoko... Ici c'est Bénao, Ouédraogo, Compaoré, Neto, Badoua, Kiendrebogo...

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Commentaires : 2
  • #1

    chris (mardi, 27 avril 2010 12:16)

    l'électricité et les taxis ça ressemble à Beyrouth!
    Réjouis toi,Tom, qu'ils n'aient pas choisi la solution d'ici : les énormes moteurs qui tournent au mazout en bas des immeubles avec leur panache de fumée noire et leurs odeurs nauséabondent.

  • #2

    Ethan (dimanche, 22 juillet 2012 04:17)

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