Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ? Vendredi, le Gouvernement du Togo a été mis en place. Plus de 2 mois après les élections présidentielles qui ont reconduit Faure Gnassimbé, le fils du Général Eyadéma Gnassimbé, à la tête du pays... Rappelons que ces élections se sont déroulées de manière vivement contestée par l'opposition, menée par Jean-Pierre Fabre (Union des forces de changement). Depuis les élections, l'opposition, reconnaissable à ses casquettes et T-shirts jaunes, manifestait pacifiquement tous les samedis dans les rues de Lomé. Tension latente mais qui n'a pas été suivie de débordements comme en 2005 - plus de 150 morts selon les chiffres officiels et probablement plus en réalité, doublé d'un très fort sentiment anti-français. Eh oui, le soutien clairement exprimé de nos dirigeants d'alors à Faure, fils d'Eyadéma dont le peuple a souffert des exactions et du pillage des ressources du pays pendant 38 ans, ainsi que les promptes félicitations du Président Chirac au même Faure, alors même qu'il a été élu au terme d'élections manifestement frauduleuses (fraudes dont l'on murmure qu'elles auraient été facilitées par la France), n'ont pas redoré le blason français dans un pays (et un continent) où tous savent qu'une certaine collusion existe entre leurs dirigeants et les nôtres. Collusion qui, comme on nous l'a fait remarquer, peut éventuellement servir les intérêts de la population française (quand elle dépasse le simple cadre du copinage entre politiques et industriels français), tandis qu'elle s'effectue pleinement au détriment des populations africaines. A titre d'illustration du sentiment anti-français, on nous a raconté l'histoire d'un Blanc, pris entre 2 groupes d'émeutiers en 2005, et qui a probablement eu la vie sauve seulement grâce à sa nationalité suisse - heureusement connue d'un des émeutiers qui a bien voulu le sortir de ce mauvais pas.

Quoi qu'il en soit, coup de théâtre, l'UFC a annoncé mercredi qu'à l'issue de longue tractations, elle ferait son entrée au gouvernement avec 7 ministres. Après l'ouverture à la française, l'ouverture à la togolaise... Véritable changement, porteur d'espoir pour la population, ou ralliement de l'opposition, avide de profiter du système, comme les autres ? Seul l'avenir le dira...

 

Le saviez-vous ? Le Cameroun, indépendant depuis 1960, a connu une décennie de guerre civile entre 1954 et les années 60. Objectif : mater les rebelles camerounais emmenés par Ruben Um Nyogbe, leader populaire qui refusait toute compromission avec l'ancienne puissance coloniale. Il est bon de préciser que ces « rebelles » ont été les militants indépendantistes de la première heure, poussés à la clandestinité par l'interdiction de leur parti politique... En effet, la France avait décidé qu'Um Nyogbe ne serait pas dauphin du régime colonial et elle l'empêcha de se présenter aux élections qui aboutirent à la désignation du premier chef d'Etat camerounais. Notre pays appuya le pouvoir camerounais dans sa lutte contre Um Nyogbe – et ses successeurs, car le leader fut tué après quelques années de ratissage des forêts dans lesquelles lui et ses troupes se cachaient. Au cours de cette guerre (que les manuels d'histoire n'évoquent pas, selon nos souvenirs), du napalm fut employé. Commentaire de Pierre Messmer, alors Haut Commissaire de la République au Cameroun puis Ministre des Armées : « Oui. Mais cela n'a pas d'importance »... Édifiant. Si vous vous intéressez au sujet, nous vous conseillons de visionner l'excellent documentaire que nous avons eu l'occasion de voir au centre Mytro Nunya« Cameroun, autopsie d'une indépendance », de Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf : il peut être visionné ci-dessous (cliquer sur "play" puis le rectangle pour mettre en plein écran).

 

 

 

Le saviez-vous ? Le 28 mai 2010, le Conseil Constitutionnel (français) a rendu une décision importante au sujet des pensions des anciens combattants des anciennes colonies françaises. En effet, les pensions de ces hommes, qui ont servi sous les drapeaux français pendant les 2 guerres mondiales, la guerre d'Algérie ou celle d'Indochine, souvent en première ligne (le nègre et le jaune font de la bonne chair à canon, c'est bien connu), ont été au moment des indépendances « cristallisées ». Un bien joli mot pour une réalité scandaleuse : qu'il s'agisse des pensions militaires de retraite, de la retraite du combattant ou des pensions militaires d'invalidité, l'indice, la valeur du point et les règles juridiques permettant de calculer leurs montants ont été figés à une date donnée, en fonction des indépendances des différents pays. Ce qui, des années plus tard, a abouti à des différences de traitement aberrantes entre deux hommes ayant servi au même grade : un sergent français peut recevoir une pension militaire de 7 512 € annuels, contre, à grade équivalent, 643 € pour un Marocain, 2 681 € pour un Sénégalais ou 3 279 € pour un Djiboutien. L'état du droit s'était un peu amélioré ces dernières années, grâce à l'action menée par certains anciens combattants devant les juridictions françaises et européennes (lesquelles ont considéré les dispositions en cause comme discriminatoires) et sous la pression de certaines institutions (Cour des comptes, HALDE). Il reste néanmoins des progrès à faire, dans la mesure où des disparités existent encore et où nombre de personnes concernées ne sont pas au courant de leurs droits – la perversité de certains textes correctifs consistant à n'appliquer leurs dispositions que « sur demande » des intéressés, et non automatiquement... Espérons que la décision du Conseil constitutionnel permettra d'avancer encore sur la voie de l'égalité. Si vous vous intéressez à la question, vous pouvez lire « La décristallisation des pensions des anciens combattants issus de territoires anciennement sous la souveraineté française : une égalité de traitement trop longtemps retardée », dans le rapport annuel de la Cour des comptes pour 2010 (facilement téléchargeable sur Internet).

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