mer
18
nov
2009
Quelques photos en vrac
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jeu
12
nov
2009
Une journée à Baguineda
NB: comme d'habitude, vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir. Par ailleurs, on nous a signalé un problème d'accès aux commentaires depuis la page d'accueil du blog. Nous allons essayer d'y remédier :) (mais vous pouvez toujours accéder à ces commentaires depuis la page de chaque article, après avoir cliqué sur le titre !).
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La pollution et le vacarme bamakois commençant à devenir fatigants, nous avions décidé le week-end passé de sortir de la capitale pour aller prendre l’air, sur une journée. Sur les conseils de l’équipe du Bice, nous avons opté pour la ville de Baguinéda, à une vingtaine de kilomètres de Bamako.
A 8.30, nous attendons sur le deuxième « goudron » derrière chez nous que passe un Sotrama assurant la liaison avec Baguinéda. A peine deux minutes plus tard, nous sommes installés, après avoir sauté à l’intérieur et salué les autres voyageurs qui, comme souvent, nous ont demandé notre prénom (toro) et notre nom (jaamu) bambara (ici, c’est une habitude que de donner à des étrangers un jaamu bamanan : nous n’y avons pas échappé et avons été rebaptisés Keïta (pour Thomas) et Diarra (pour Amélie)). Trajet d’une heure et demi environ, accompagné par la litanie de l’apprenti (« Faladjé Yirimadjo Baguinéda Baguinéda camp ») qui cherche à attirer le maximum de clients, et rythmé par les nombreux arrêts précisément pour faire monter lesdits clients.
A l’arrivée, le Sotrama s’arrête au niveau du marché. Baguineda est une petite ville, coupée en deux par la route ; elle se situe à 3 kilomètres du Niger, au sein d’un périmètre irrigué géré par l’OPIB (Office du périmètre irrigué de Baguinéda). On y cultive principalement du riz, mais également des produits maraîchers. Le fleuve sert en outre de carrière d’extraction de sable.
Dans un premier temps, direction les champs de riz, avec pour objectif d’arriver jusqu’au fleuve. Nous traversons donc une partie de la ville : sur le bord de la route, des bâtiments officiels et des maisons plutôt cossues. Atmosphère tranquille, les gens sont aimables et nous saluent tous, sans nous solliciter pour autant. Après être passés sous l’ombre des manguiers qui jouxtent la ville et traversé le canal, nous voilà sur le chemin qui va vers le fleuve en coupant à travers les rizières ; grand soleil, et déjà il fait très chaud. Thomas regrette de n’avoir pas encore de casquette… Des enfants (aux T shirts improbables, annonçant « ATT, un Mali qui gagne », ou « Dieu vous bénisse ») pêchent des petits poissons dans les canaux ou jouent dans l’eau – ça fait envie ! Un groupe de jeunes hommes fauchant les pousses de riz à la faucille nous invite à les rejoindre et nous fait essayer. Couper quelques pousses n’est pas trop difficile, mais n’a rien à voir avec faucher un champ entier, à demi-courbé sous un soleil de plomb… Après cet intermède, nous repartons, mais sommes rapidement bloqués par l’eau : les terres deviennent marécageuses, nous nous enfonçons et préférons donc rebrousser chemin.
Retour à Baguinéda. Nous nous dirigeons vers le marché, dont nous faisons assez rapidement le tour. Nous décidons alors de nous mettre en quête du restaurant que l’équipe du Bice nous a indiqué, car c’est bientôt l’heure du déjeuner. Nous remontons donc la route, et nous faisons alors héler par un homme assis avec ses amis devant la « station essence » de la ville. Ils nous invitent à prendre le thé ! Nous acceptons avec plaisir l’invitation. Il y a là Moussa, qui a pris l’initiative de nous inviter ; transporteur routier de son état, après avoir travaillé pendant plusieurs années dans des usines, il est établi à Baguinéda avec sa femme et leur petite fille de 3 mois. Le patron de la station essence s’appelle quant à lui Jacky ; le troisième compère est Youssouf, d’origine togolaise, lui aussi transporteur, qui vient d’avoir des jumeaux avec sa femme malienne (il a également une femme au Togo). On discute, et on apprend de nouveaux mots bambara en prenant le premier thé ; puis surgit un plat de riz au gras, et nous sommes invités à déjeuner. Les trois nous offrent également de l’eau, du muguji (c’est une boisson à base de poudre de mil et de banane, très agréable à boire), de la pastèque… Royal ! L’hospitalité malienne ne se dément pas. Après le déjeuner, Moussa nous emmène dans la concession familiale, très fier de nous montrer sa fille. Nous rencontrons donc la famille, qui veut à nouveau nous inviter à déjeuner… invitation que nous sommes obligés de décliner car nous ne pouvons décemment plus rien avaler !
Moussa, à qui nous avons raconté l’échec de notre tentative de voir le fleuve, veut nous y emmener. Mais pas n’importe où, ni n’importe comment : en camion, pour aller voir la carrière de sable. Nous attendons donc qu’un camion passe devant la station ; c’est chose faite après quelques minutes d’attente. Amélie monte dans la cabine, Thomas à l’arrière dans la benne, mais nous devons redescendre presqu’aussitôt : un pneu est crevé, il faut le changer. Pendant ce temps, débarque d’un Sotrama un homme chargé d’énormes baluchons : il a acheté des vêtements sur le marché de Bamako et vient les vendre ici, à Baguinéda. Il y a des T-shirts, des pantalons, et surtout une cargaison de manteaux et doudounes d’hiver (vendus 1500 FCFA – 2,5 euros). Le tout datant des années 80, évidemment ! C’est la ruée : chacun y va de son essayage. Un peu surprise, Amélie demande à Moussa pourquoi tout le monde tient à avoir une doudoune ; c’est très simple : « en novembre, décembre, janvier, ici il fait très très froid ! ». Euh… Très très froid, c’est combien de degrés ? « 25, 26 degrés »… Quand nous leur disons qu’en France, en ce moment il fait une dizaine de degrés, ils ont peine à nous croire !
Le pneu du camion a été changé. Nous reprenons nos places, et partons en direction du fleuve. Le trajet de 3 kilomètres dure une vingtaine de minutes, car la route est très accidentée. Nous en profitons pour admirer la campagne environnante sous un autre angle. La « carrière » se dévoile enfin, et c’est un monde à part entière. Ici, les femmes font la cuisine et vendent des aliments sous des abris de bois et de branchages ; les hommes quant à eux exploitent la carrière. D’abord, ils partent à plusieurs sur une pirogue au milieu du fleuve ; l’un d’eux plonge en apnée, les autres remontent le sable, jusqu’à ce que la pirogue soit pleine. Ils reviennent alors à terre et déchargent le sable deux par deux. Puis intervient l’étape du tamisage pour séparer sable et graviers. Enfin, le sable est transporté à la pelle dans les camions. Point de machines ni d’automatisation : ici tout se fait à la force du poignet ! Et le travail est très physique, 6 jours sur 7, de 8 heures à 18 heures… Nous sommes invités à essayer, et relevons le défi, à la surprise et à la joie des travailleurs : Thomas se sort très honorablement de l’épreuve de déchargement du sable, Amélie a plus de mal avec le chargement à la pelle des camions…
Un peu plus loin, l’atelier de fabrication / réparation des pirogues. A titre de repère, une pirogue neuve, en bois, coûte 275 000 FCFA (420 euros)…
Après ce petit tour, nous revenons vers la ville, toujours en camion. Discussions et repos à nouveau, puis c’est l’heure du départ car nous commençons à être fatigués. Après avoir salué nos nouveaux amis et promis de revenir, très heureux de cette belle journée, nous sautons à nouveau dans un Sotrama, direction Bamako… Du calme, de l’air pur, du soleil, du riz, de l’eau, du sable, du labeur, de la sueur, de l’amitié.
dim
08
nov
2009
Premier concert

Jeudi soir, nous sommes allés voir Adama Yalomba en concert au CCF (petit nom que donnent les habitués au centre culturel français). Nous voulions depuis un moment profiter de Bamako également au plan musical, mais n’en avions pas encore eu l’occasion…
D’abord, découverte du CCF : entre les deux ponts, un lieu qui correspond bien à l’image que l’on s’en fait… Lieu de rassemblement de la communauté expatriée, avec son restaurant Le patio (où, dans la série expériences gustatives, nous dégustons un jus de tamarin – un peu amer - et un jus de fruit du baobab, ou « pain de singe » - doux et acidulé), ses expos, sa médiathèque, sa salle de spectacle. Le public est majoritairement blanc, même si des Maliens sont aussi présents. Différence notable par rapport aux concerts en France, qui rassemblent en général un public relativement homogène, il y a un peu tous les styles, des dreadlocks des musicos aux costards-cravates des officiels du milieu culturel…
Sur scène, ils sont 8. Adama Yalomba, au chant, à la guitare sèche et au n’goni (cette fois-ci, contrairement à celle que nous avions vue à la maison des artisans, c’est un n’goni harpe et non pas un n'goni luth - il y a beaucoup plus de cordes!) ; un percussionniste endiablé (djembé, balafon) ; un bassiste (le seul blanc) ; un guitariste ; un batteur ; deux choristes femmes, qui dansent aussi, et un choriste homme.
Et il n’y a pas à dire : ils savent faire de la musique ! Vous pouvez les écouter ici. Chant en français, bambara, anglais ou autres langues africaines, rythmes et sonorités variés, voilà la musique africaine d’aujourd’hui, qui a su se renouveler sans perdre son âme en s’occidentalisant trop. Et on ne s’ennuie pas une seconde, il y a trop à regarder et à écouter, car les musiciens sont tous bons ! Les prestations de danse sont elles aussi impressionnantes, un spectacle à elles seules…
C’est donc très satisfaits que nous avons regagné nos pénates. Petit message aux parisiens : Adama Yalomba sera en concert le 16 décembre prochain au Satellit’Café (M° Oberkampf – Parmentier), si vous voulez oublier le thermomètre qui flirte avec le zéro… Et pour tous : le nouvel album, intitulé Yassa, est le premier qui sort en France et sera disponible à partir du 23 novembre (notamment à la Fnac).
dim
08
nov
2009
Le fruit bizarre
Peu de temps après notre arrivée à Bamako, nous avons remarqué que certaines vendeuses de rue proposaient une sorte de fruit, gros comme une pomme, vert brun, avec des sortes d’écailles. Voilà qui nous a intrigués…
Dans un premier temps, nous n’avons pas osé acheter la chose, ne sachant pas vraiment si c’était un fruit, un légume, comment ça se préparait, etc. Nous nous sommes renseignés auprès de notre ami Amadou, qui nous a dit que c’était un fruit (il nous a donné le nom bambara, que nous n’avons évidemment pas retenu), très agréable à manger.
Nous avons donc profité de notre dernier ravitaillement en fruits et légumes pour tester le fruit en question. Après quelques recherches, il s’avère qu’il s’agit d’une pomme-cannelle, ou atte, ou encore sugar apple (le nom savant est annona squamosa), très répandue dans les régions subtropicales.
Sous les écailles se cachent de gros pépins noirs, entourés d’une chair blanche très sucrée. C’est vraiment délicieux. Dommage qu’il y ait autant de pépins…
dim
01
nov
2009
Sorties bamakoises
Bamako sous la pluie, 20 degrés, incroyable ! Voilà qui a fait dire à Amélie qu’à quelques détails près, on pourrait se croire en Picardie… En tous cas, nous mettons à profit cette fraîche journée pour vous relater nos dernières sorties, très différentes les unes des autres, dans la capitale.
La maison des artisans
En plein centre de Bamako, imaginez un grand marché couvert dans les dédales duquel on se perd, formé de galeries et de petites cours intérieures où travaillent, sous nos yeux, certains des artisans. Multitude de boutiques regroupées plus ou moins par cœur de métier : les métiers du cuir, le quartier des instruments de musique, celui des bijoux, des tissus, des sculptures et masques… Il y en a dans tous les sens, de toutes les couleurs, pour tous les goûts, et souvent ce sont réellement de très jolis objets.
Nous ne voulions rien acheter, juste découvrir… Nous avons réussi à tenir le pari, mais à quel prix ! Eh oui, le problème à Bamako, c’est qu’on est vite repérés : blancs, donc touristes, donc argent, donc pluie de sollicitations : « entrez dans ma boutique, venez voir mes articles, j’ai des statues du pays dogon, des colliers, des tissus, c’est fabriqué localement ! Même si vous n’achetez pas, venez, plaisir des yeux ! ». Ah, le plaisir des yeux… Nous avons cédé à deux ou trois reprises, difficile de faire autrement. Evidemment, une fois à l’intérieur, on sent la pointe de déception du vendeur lorsque l’on repart les mains vides… Ca n’est pas toujours très agréable d’être perçu comme une bourse sur pattes et de ne pouvoir faire un pas tranquillement ; c’est surtout vite fatiguant. Aussi, la prochaine fois, nous irons découvrir l’autre marché artisanal de Bamako, apparemment moins touristique (on a dû voir 10 toubabs en une heure ! plus que depuis notre arrivée ici !) et plus tranquille.
Un n'goni
Nous avons tout de même fait une rencontre sympathique, celle de Séverin, musicien de son état, originaire du Burkina, avec qui nous avons discuté un moment autour d’un n’goni (sorte de guitare à 3 cordes en l’occurrence, faite à partir d’une calebasse).
Et, à notre grande surprise (jamais personne ne nous a dit ça en Europe !), on nous a demandé à plusieurs reprises si nous étions frère et sœur ! Il paraît que nous nous ressemblons…
Soirée chez Fatoumata
Fatoumata est la fiancée d’Amadou (dont nous avons déjà parlé ici). Nous avons été invités à « faire la causette » chez ses parents, en compagnie d’Amadou. Après 20 minutes de mobylette, emmenés par Amadou et un de ses amis, nous arrivons chez Fatoumata, qui habite dans le quartier Kalabancoro ACI, au sud ouest de Bamako. Présentations aux parents, très accueillants, à Fatoumata elle-même (nous ne la connaissons pas encore), aux deux petites sœurs et aux deux jeunes domestiques, toutes quatre intimidées par le fait de nous saluer.
Puis nous (les 5 jeunes) nous installons dans la cour, autour d’une table basse installée sous un arbre. Nous sommes impressionnés par la propreté des lieux : ici, pas un papier qui traîne ! C’est la première fois que nous voyons une cour aussi nette. Et ça change vraiment tout… On discute tranquillement autour des biscuits et jus de fruit que nous avons apportés ; parfois la conversation se poursuit en bambara, alors nous profitons simplement du fait d’être assis là, au calme, dans le quotidien d’une famille bamakoise.
Cette fois encore, l’hospitalité malienne est fidèle à sa réputation : un grand plat de crudités, pommes de terre, œufs et poisson nous est servi. C’est délicieux, et très différent de la cuisine traditionnelle que nous mangeons habituellement. On savoure… Puis vient le thé, autour de discussions plus animées (le repas a permis de briser la glace !) : études des uns et des autres, souvenirs de Paris, système de santé malien, etc. Et c'est déjà l’heure du départ, car tout le monde travaille tôt le lendemain. Alors que nous remercions pour l’accueil très chaleureux que nous avons reçu, nos remerciements nous sont retournés : c’est nous qui avons pris la peine de venir dîner ! Le monde à l’envers… Et une très bonne soirée à conserver dans nos souvenirs !
Le musée national
Dimanche dernier, nous avons décidé d’aller visiter le musée national du Mali, dont l’on nous avait dit beaucoup de bien. Nous n’avons pas été déçus ! [NB: vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir!]
Le musée se situe sur la rive opposée du fleuve, dans le quartier des ministères, quasiment à la sortie de la ville. Beaucoup de verdure, un jardin qui doit offrir un lieu de promenade agréable en temps normal mais qui est actuellement en travaux, des bâtiments modernes (1982) s’inspirant de l’architecture traditionnelle du pays, personne d’autre que les gardiens et nous dans les salles (ça change des expos du Grand Palais !)… Et surtout une collection permanente riche et vraiment intéressante.
Elle se divise en trois expositions : la première est consacrée aux tissus maliens, du bogolan à l’indigo en passant par le basin et les couvertures en laine (on vous expliquera tout ça dans un article à venir, promis) ; la seconde, intitulée « Mali millénaire », présente le résultat de fouilles archéologiques menées dans les différentes régions du pays ; la troisième est consacrée aux masques et autres objets de rite dans les sociétés initiatiques (là aussi quelques explications en vue).
Les objets sont bien conservés et mis en valeur, les explications claires, on apprend beaucoup de choses. A ceux qui considèrent que l’Afrique n’est pas suffisamment entrée dans l’histoire, on pourrait conseiller de venir découvrir l’architecture tellem (11ème siècle), qui a su exploiter au mieux un milieu pourtant hostile, les superbes poteries de Djenné (9ème siècle), et plus généralement la richesse d’un patrimoine qui demeure largement ignoré… Ou pillé, au contraire ! Comme pour d’autres richesses africaines, certains indélicats n’hésitent pas à faire fi de la loi ; et l’on lit sur de nombreux écriteaux du musée que l’objet présenté a été « restitué » par les douanes françaises… D’ailleurs, au détour d’une allée, on trouve une statuette en terre cuite… « offerte » par Jacques Chirac ! Il s’agit en fait d’un objet issu du pillage, illégalement exporté hors du Mali et offert à notre ancien président pour un de ses anniversaires. Mis au courant de son origine douteuse, il en a alors, et c’est tout à son honneur, fait cadeau au Musée.
A la sortie, nous profitons de la boutique du musée pour acheter enfin notre dictionnaire Français bambara, la méthode associée, rédigée par le Père Bailleul, et ses 4 CD. Si avec tout ça nous ne progressons pas…
Sortie dans un maquis
Susanne et Félix, nos amis allemands, sont revenus de leur périple à l’intérieur du pays. Samedi soir, Susanne nous emmène à Badalabougou, l’un des deux quartiers festifs de Bamako, tout proche de chez nous. En fait de quartier, il s’agit plutôt d’une rue, bordée de part et d’autre de bars, de discothèques et de « maquis ». Les maquis sont des lieux où l’on peut écouter de la musique et danser, tout en buvant une bière et/ou en mangeant. A la fois restaurant et « bar dansant » donc.

Nous choisissons tout d’abord le « Koud’frein », plus calme que les autres car la salle de danse (entrée payante) est séparée de la partie bar / restaurant. Nous en profitons pour discuter autour d’une bouteille de Castel, la bière locale (plutôt agréable !), aux sons de Khaled, Ricky Martin et autres morceaux occidentaux sans grand intérêt. Pas mal de toubabs dans la rue et dans le maquis ; du coup on a l’impression de passer inaperçus, et pour une fois, c’est plutôt agréable.
Puis nous décidons de changer d’ambiance, et d’atterrir cette fois dans un vrai maquis malien. Nous nous attablons dans le jardin, à une table Castel sur laquelle, détail incongru, sont inscrites des citations de St Simon, d’où nous observons les quelques danseurs. L’atmosphère est plus animée qu’au Koud’frein, la musique africaine change tout de suite l’ambiance !
Nous sommes étonnés de ne voir quasiment que des hommes : Susanne nous explique qu’ici, les seules femmes que l’on rencontre dans ce genre d’endroit et à cette heure-ci sont soit des jeunes femmes non mariées, soit des prostituées (que l’on remarque vite ! les décolletés en particulier sont … majestueux ? renversants ? hallucinants ?...). Les femmes mariées ne sortent pas, si ce n’est pour boire le thé avec leurs amies...
mar
27
oct
2009
Que faire avec 10 000 FCFA ?
Voici une liste non exhaustive de ce qu'on peut faire à Bamako avec 10 000 FCFA, soit 15€.
Se déplacer
- faire 1 aller en taxi entre l'aéroport et mon hôtel de luxe ou un aller-retour (si je sais très bien négocier)
- faire 66 voyages en sotrama (taxi collectif) entre différents quartiers de Bamako ou 120 voyages équivalents en mobylette
- aller à Mopti depuis Bamako (640 km) en bus, avec un bagage
Manger
- 50 plats de riz-sauce (ou similaire) dans une petite échoppe de rue
- 1 à 10 plats dans un restaurant pour toubabou (entrée de gamme)
- 9 paquets de biscuits (origine France) chez l'épicier libanais
- 66 baguettes de pain chez le boulanger libanais
- 200 oranges ou 14 grosses pastèques ou 25 kg de bananes
Boire
- 9 litres de jus de mangue (origine Egypte) ou de jus d'ananas (origine Cote d'Ivoire)
- 10 bières locales Castel (75 cL) dans un maquis (bar avec musique)
- 100 bouteilles (35 cL) de jus local : bissap ou gingembre
- 25 bouteilles d'eau minérale (1,5 L)
Communiquer
- économiser encore un peu pour m'acheter prochainement un téléphone portable bas de gamme dans une boutique de rue à 16 000 FCFA
- disposer de 104 minutes de communications voix sur Orange Mali (vers tout réseau, à toute heure)
Loisirs/culture
- fairea imprimer 20 photos à partir de mon appareil photo numérique
- faire 4 visites du musée national
- acheter un dictionnaire français-bambara
- aller 3 fois à un concert d'un musicien connu au centre culturel français
- aller 20 fois au stade pour voir un match de foot (place non couverte)
- aller 5 fois à la piscine d'un grand hôtel de luxe (piscine quasi-privative !)
- acheter 4 petits masques traditionnels au marché artisanal
- acheter 40 cartes postales au musée national
dim
25
oct
2009
Au travail...
Nous voilà, chacun de notre côté, dans un environnement de travail tout nouveau. Après quelques semaines, nous voulions partager avec vous nos premières impressions… Evidemment, elles ne doivent pas être extrapolées à l’ensemble de la société malienne, car elles ne sont que le reflet de nos observations, par nature limitées et incomplètes !
-
Le monde des bureaux est essentiellement masculin. Les femmes occupent le plus souvent des postes de secrétaire. Au niveau du Bice, elles sont présentes essentiellement au niveau de la gestion du Centre pour jeunes filles ; en revanche, l’équipe de juristes chargés du volet « Enfants privés de liberté » est exclusivement masculine. Si cette situation s’explique pour partie par une vision encore très « traditionnelle » du rôle de la femme (aux femmes le social, aux hommes le reste), elle est surtout due au faible taux de scolarisation des filles. En effet, notamment dans les villages, les petites filles sont utiles à la gestion du foyer familial : elles sont souvent associées, dès le plus jeune âge, aux travaux ménagers, et à la garde de leurs frères et sœurs lorsque leur mère est aux champs ; en outre, la fille, une fois mariée, « appartient » à la famille du mari : dans ces conditions, à quoi cela sert-il d’assurer son éducation ? Les chiffres officiels mentionnent une différence de 20 points entre taux brut de scolarisation des filles et des garçons (65,1% en 2005-2006 pour les filles en 1er cycle, contre 85,1 % pour les garçons ; sur la même période, 31,1% en second cycle pour les filles, contre 52,1% pour les garçons). Cela se voit vite sur le terrain : à la bibliothèque nationale (BN), sur une quarantaine de lecteurs, seulement trois femmes... Quelques exceptions existent toutefois, et certaines femmes parviennent à accéder à des postes à responsabilité ; c’est ainsi que le poste de coordinateur national adjoint du Bice a été attribué à une femme.
Faute de moyens, les outils de travail sont souvent insuffisants pour un travail efficace : un unique et antique PC pour une équipe de 4 personnes au Bice ; absence de recensement informatique des ouvrages de la BN, dont le cahier de doléances précise que l’informatisation est en cours ; absence d’accès aux textes juridiques, y compris pour les juristes – qui peuvent ne pas savoir qu’une des lois qu’ils utilisent quotidiennement a été modifiée il y a plus de 2 ans, même si cette loi intervient dans leur matière de spécialité et même s’ils sont membres du cabinet ministériel du ministre de la justice ( !) ; ne parlons pas de bases de données informatiques, auxquelles n’importe quel étudiant en fac a accès en France. Dans les rares cas où de tels outils sont mis à disposition, ils sont généralement mal maîtrisés. Ainsi, certains de nos collègues nous ont déjà demandé de leur prodiguer une formation en traitement de texte… Forcément : à la fac, la formation informatique reste théorique ! Vous pouvez imaginer la présentation des documents, et les problèmes d’image de l’organisme qui en découlent…
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Nous parlons tous français, certes… mais ça n’est pas toujours le même! Il est quelque peu surprenant, et parfois comique, de devoir subir un discours sentencieux de 10 minutes, parfois à coup de citations du dictionnaire, sur la signification d’un terme donné ! Exemple, à propos du terme « implications » (d’un évènement sur un autre) : « ce vocable, là, suppose que l’on s’implique, n’est-ce pas, donc, je ne vois pas ce que la personne qui l’a écrit a voulu dire ; non vraiment, ça n’est pas correct ; je suggère qu’on le remplace par le mot « impact », qui est le seul valable, etc etc ». On a parfois l’impression de s’épuiser à se faire comprendre, ou à comprendre…
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Le temps malien est lui aussi parfois déconcertant, lorsqu’il est appliqué au travail ; d’un côté, les palabres, le thé, etc, peuvent durer des heures (sans que pendant ce temps le travail avance) ; certaines personnes peuvent soit ne pas venir travailler, soit écourter leur journée ; les travaux préalables à des ateliers de travail communs ne sont parfois pas effectués… De l’autre, lorsque le besoin s’en fait sentir, les Maliens font des heures supplémentaires (et pas dans le cadre du travailler plus pour gagner plus !) sans aucunement se plaindre, et sont même prêts à travailler chez eux le soir et le week-end… C’est une logique qui nous échappe encore un peu !
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Sur certains lieux de travail existe le système des « amendes », qui n’est pas très simple à cerner pour nous car il se fonde sur les relations entre nos collègues : par exemple, si un jeune manque de respect à un plus âgé, il pourra « être amendé » ; il devra alors, suivant les cas, aller chercher un paquet de cigarettes, offrir une boisson à tout le monde, etc. Le plus compliqué est de savoir quand on manque de respect ou pas, d’autant plus que le système est souvent utilisé sur le ton de la plaisanterie, davantage comme une menace qu’une réalité…
-
Et puis, d’une manière générale, ce n’est pas toujours facile vis-à-vis de certaines personnes de faire valoir un point de vue, ou même de présenter des observations parfaitement objectives, lorsque l’on est blanc (donc étranger, donc ne comprenant pas les réalités locales – ce qui est vrai évidemment pour un certain nombre de choses !), et plus encore jeune et femme… Mais ces difficultés, si elles ne facilitent pas le travail, ne le bloquent pas pour autant ; et elles permettent aussi d’apprendre beaucoup, sur le plan des relations humaines.
dim
25
oct
2009
Avec les filles
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ven
23
oct
2009
Quelques réponses en vrac
D’abord, car c’est le plus important : plus d’inquiétudes à avoir, Thomas a recouvré la pleine forme. Merci à tous de vous être inquiétés et de nous avoir manifesté votre soutien !
Et puis, quelques réponses à certains de vos commentaires et questions.
S’agissant des axes routiers : oui, il y a vraiment des rues aussi droites. En fait, le découpage, au moins dans notre quartier, ressemble beaucoup à celui des villes américaines (c’est très rectangulaire). Sauf que toutes les rues ne sont pas bitumées… Et oui également, nous habitons à côté d’un grand axe routier. Il s’agit d’une route bitumée à 2 fois 2 voies, qui est très empruntée, la circulation y est assez dense (et variée : voitures, petites mobylettes chinoises que tout le monde utilise ici, piétons, charrettes tirées par des ânes, …). S’agissant des routes à l’intérieur du pays, comme nous ne sommes pour le moment pas sortis de Bamako, nous ne pouvons pas en parler.
Pour les déplacements, on utilise jusqu'alors le taxi, bien moins cher qu’en Europe. Nous avons aussi fait notre baptême de mobylette, car notre ami Amadou nous a invités lundi soir chez sa fiancée et est venu nous chercher avec un ami… et leurs mobylettes ! Nous sommes donc montés derrière eux. Ils maîtrisent bien leurs machines, et ont roulé lentement à notre demande… Mais tout de même, on ne se sentait pas très rassurés, surtout sans casque ! Et sinon, dernier moyen de transport, le Sotroma, minibus collectif très économique mais au fonctionnement complexe pour qui ne connaît pas bien la ville (car les destinations et le parcours ne sont pas affichés et que les annonces de destination se font l'oral généralement en bambara).
A propos du fleuve : il s’agit du Niger (nous avons mis en ligne des photos dans des posts antérieurs). A Bamako, le fleuve est très large, plus que tous nos fleuves français. En fait, il traverse plusieurs pays, sur près de 4200 kilomètres (Guinée, Mali, Niger, Nigeria). Nous en reparlerons sûrement dans d’autres articles !
S’agissant du logement : il est gracieusement mis à notre disposition par le Bice (l’association pour laquelle travaille Amélie). Nous n’avons donc pas eu à le chercher et heureusement, car ça aurait été difficile sans connaître la ville. Par un heureux hasard, la localisation est très pratique pour Thomas car la navette qui transporte les employés vers son lieu de travail passe juste à côté de chez nous.
S’agissant des photos : il n’y a pas de visages d’autres Blancs parce que, effectivement, nous sommes les seuls Toubab dans le quartier ! En fait, une collègue allemande d’Amélie est arrivée il y a 15 jours, mais elle n’était pas présente lorsque nous avons pris nos photos.
A propos des noms de quartiers : pas faciles à maîtriser ! En fait, « bougou », ou « bugu » en orthographe bambara, veut dire hutte et hameau (les mots bambara ont souvent plusieurs sens), et donc par extension « quartier ». C’est « bugun » (verbe) qui signifie augmenter, se multiplier. Il existe d’ailleurs une ville au Mali dont le nom est Bougouni (petite case).
Voilà, on espère avoir répondu aux interrogations des uns et des autres !
dim
18
oct
2009
Situation géographique
Nous habitons précisément dans le bâtiment où est situé le point rouge. Il suffit de cliquer sur "+" ou "-" (en haut à gauche) afin de changer l'échelle de la carte et pour nous localiser dans Bamako, au sein du Mali, en Afrique, ou même dans ce vaste monde !
dim
18
oct
2009
Meilleure santé !
Nous n'avons pas été très prolixes cette semaine. C'est que nos plans ont été quelque peu bouleversés par une petite mésaventure... Un petit flash back sur les journées de mercredi et jeudi s'impose donc pour narrer cette expérience certes désagréable, mais finalement banale pour des toubabous en Afrique.
Mercredi matin, très tôt vers 3h du matin, j'ai (Thomas) commencé à avoir un très fort mal de ventre, rapidement accompagné de problèmes digestifs (je vous laisse imaginer :)). J'ai tout de même décidé d'aller à mon travail, en pensant que les douleurs passeraient rapidement, et surtout dans l'espoir de rencontrer mon chef de service, rentré depuis le lundi... Finalement, comme les jours précédents, mon entrevue avec le chef de service a été reportée au lendemain ; mon mal de ventre s'était accentué, j'ai préféré rentrer vers 13h pour me reposer. J'ai rapidement constaté que j'avais de la fièvre, malgré un Doliprane pris quelques heures auparavant. Puis des courbatures, mal de tête, troubles de la vision sont arrivés progressivement...
Tous ces sympathiques symptômes pouvant être ceux du paludisme, nous commençons vraiment à nous inquiéter. 15h, nous décidons avec Amélie de nous rendre immédiatement au centre de santé situé à côté de chez nous, après avoir prévenu l'équipe du Bice dont tous les membres me souhaitent « meilleure santé ».
Le centre de santé de référence de la commune V est une annexe décentralisée de l'hôpital public (Bamako est découpée en 6 communes). Les locaux sont exigus, partiellement délabrés, ça ne sent pas très bon, les gens rentrent et sortent (on assiste même à une altercation entre un médecin et un couple en bambara), la propreté douteuse... Mais nous sommes « pris en charge » assez vite. Prise en charge est un bien grand mot: après que je lui ai expliqué mes symptômes et qu'il a pris ma température, l'interne prescrit un « test de la goutte épaisse », qui permet de savoir si on a le palu ou pas; nous devons trouver seuls le laboratoire qui effectue le test (qui prend une demi-heure et coûte 750 Fcfa (1,1€)) ; et patienter à l'extérieur, en pleine chaleur (mais tout de même à l'ombre) avant d'avoir les résultats et d'être redirigés vers le premier médecin.
Lequel rend son verdict : j'ai le palu et il est développé à un niveau élevé. Un traitement de cheval m'est prescrit. Peu inspirés par l'idée de rester ici, nous décidons de rentrer à l'appartement et d'appeler notre assurance; pour pouvoir être couverts il faut en effet la prévenir préalablement à toute démarche; nous espérons aussi qu'elle pourra nous rediriger vers un meilleur hôpital... Bizarrement, quand la santé est en jeu, on a une très pressante envie de retrouver des standards occidentaux! Cela ne nous empêche pas de penser à tous ces hommes et femmes qui sont ici et n'iront pas ailleurs, eux, faute de moyens. Rien ne justifie a priori que je puisse être mieux soigné qu'eux ...
J'enrage : pourquoi n'avoir pas réagi plus tôt, dès les 1ers symptômes ? Je suis dégoûté : nous ne sommes arrivés qu'il y a 15 jours, j'ai donc dû être contaminé dès les premiers jours (le parasite se développe au bout de 7 jours à plusieurs semaines à compter de la piqûre du moustique infecté). Je ne comprends pas: nous avons été très précautionneux et je n'ai pas le souvenir d'une piqûre... Je joue vraiment de malchance... Je n'ai pas envie d'avoir le palu ; mais c'est trop tard.
En arrivant à l'appartement, j'avale en urgence un cachet de Malarone, qui ne suffira pas à me guérir mais peut ralentir la progression du palu. Je me recouche : malgré l'air à 35°C, un duvet de montagne conçu pour aller jusque 0°C suffit à peine à me réchauffer. La fièvre est forte. Je fantasme, m'imaginant des complications dues au palu, un rapatriement sanitaire... Amélie s'occupe des démarches avec l'assurance ; après discussion avec un médecin, il nous est conseillé d'aller à la polyclinique Pasteur, avec laquelle ils ont des accords de paiement. Le temps de glisser le strict nécessaire dans un sac (change, eau, papier toilettes – eh oui, il n'y en a pas partout ici...), et nous y partons en taxi, au son des « meilleure santé » à nouveau lancés par les collègues d'Amélie.
17 heures : en arrivant à la clinique, nous sommes rassurés par le bon état des locaux ; et, luxe parmi le luxe, le médecin nous attend (prévenu par l'assurance). Nous sommes cette fois réellement pris en charge, et c'est un vrai soulagement. Le médecin doute du diagnostic établi par le centre de santé (espoir), fait refaire des tests (prise de sang), et les résultats montrent que je n'ai en réalité pas le palu (gros soulagement). Il s'agit en fait d'une gastro-entérite, probablement due à une intoxication alimentaire, doublée d'une légère déshydratation. Une perfusion avec antibiotiques, antalgiques et solution réhydratante permet de faire chuter rapidement la fièvre (après être montée largement au dessus de 40°C), et de diminuer les douleurs. Nous restons 24h à la clinique, le temps de stabiliser la situation, de faire une indigestion de TV (dans l'urgence, nous n'avions pas pensé à emmener de quoi nous distraire), de se faire souhaiter « meilleure santé » par tout le personnel médical, et de subir de nouveaux tests indiquant que tout semble rentré dans l'ordre. Nous sortons donc jeudi en fin d'après-midi, quittes pour une grosse frayeur.
En soi, cette expérience n'est pas très originale : tous les blancs sont un peu faibles ici, et je ne suis pas le seul à qui ce genre de désagrément est arrivé. Un peu de positif dans l'aventure: nous savons désormais où aller (et surtout ne pas aller) en cas de problème de santé ; nous savons comment fonctionne l'assurance ; mes défenses immunitaires doivent être un peu renforcées. Et puis nous avons à nouveau eu une preuve de la gentillesse des Maliens : tous ceux qui ont été avertis de mon problème de santé se sont inquiétés véritablement de mon état, loin de l'indifférence que l'on constate parfois chez nous. Meilleure santé !
dim
18
oct
2009
Après-midi avec nos amis du quartier Mali
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mar
13
oct
2009
Ceux qui nous entourent
[Nous mettrons des photos en ligne demain. En attendant, si vous avez un peu de temps, vous pouvez aller lire notre dernier article de fond ici !]
Plus de 2 semaines à présent que nous sommes installés. Toujours dans la phase de découverte mais les premières habitudes s’installent également… Et les contacts se multiplient.
Avec nos collègues de travail évidemment, avec lesquels nous avons des discussions intéressantes, de la politique intérieure malienne (très critiquée, à tous points de vue – nous y reviendrons) à la politique intérieure/extérieure française (vertes critiques de notre bon président – certains discours et attitudes laissent des traces !-, admiration surprenante de Villepin, etc.), en passant par le tourisme, ou les débats passionnés sur les questions de société, etc.
Avec les jeunes filles du Centre aussi. Nous approfondissons les contacts malgré notre bambara balbutiant (eh oui, contrairement à ce qu’on nous avait dit, tout le monde ne parle pas français à Bamako, loin de là ; et même les francophones parlent souvent bambara entre eux. Les quelques mots appris avant le départ et nos séances de travail régulières sont donc d’une particulière importance !). Quoi qu’il en soit, nous mangeons régulièrement avec les filles et elles se font un plaisir de nous faire goûter les plats qu’elles ont préparé ; nous avons aussi passé plusieurs soirées avec elles, autour de jeux de cartes, tresses, autres jeux (style « Le facteur n’est pas passé ») : au-delà des paroles, un début de complicité s’établit ! Et avec celles qui parlent français, on peut plus facilement discuter.
Pas toujours simple d’ailleurs, car si elles sont là, c’est bien qu’elles ont traversé des événements dramatiques auxquels nous ne sommes pas nécessairement préparés à être confrontés… Elles nous rappellent d’ailleurs parfois à cette réalité – par exemple lorsqu’elles nous demandent de prendre leur bébé, qu’elles n’ont pas vraiment désiré, avec nous lorsque nous rentrerons en France… Malgré cela, c’est étonnant de voir à quel point elles prennent sur elles et vont de l’avant. Nous ne sommes évidemment pas présents en permanence et ne comprenons pas tout ce qui se dit, mais il se dégage une extraordinaire impression générale de dynamisme et de bonne humeur.
Il y a aussi les connaissances avec lesquelles nous tissons des liens, progressivement :
Amadou, l’étudiant en médecine rencontré par Thomas en France en décembre dernier, et qui nous a invités à partager un petit déjeuner chez lui et nous a fait découvrir le samedi matin d’une famille bamakoise. Partage du temps africain : petit déjeuner, repos à l’ombre du manguier tout en discutant, thé (les trois thés maliens, on vous expliquera plus tard), discussions à nouveau, pendant que la maman est au marché et que les domestiques rangent, puis préparent le repas du midi… Amadou est en thèse de médecine mais n’a pas d’ordinateur ; il se connecte, une heure par ci, une heure par là, à l’hôpital ou dans un cyber, pour ajouter quelques lignes au texte enregistré sur une précieuse clé usb…
Mam’, la dame qui tient le petit restaurant à 200 mètres de chez nous, chez qui tout le quartier (nous inclus) vient chercher ses repas (on mange pour moins de 500 FCFA – soit moins d’un euro- pour deux !). Elle semble nous avoir pris en amitié et nous a invités à venir préparer, dimanche dernier, le repas avec elles. Nous avons accepté avec plaisir et nous sommes retrouvés, à l’heure dite, dans la cour attenante au restaurant. Après nous avoir fait prendre des forces à coup de purée d’igname et sauce, elle nous a gentiment mis à contribution : tamisage d’une espèce de poudre humide très compacte (poudre de banane), qui sert à confectionner l’un des plats quotidiens. Et remplissage de petits sachets de pop corn maison. Dans la cour, une dizaine de femmes travaillant (lessive, préparation du repas, nettoyage, etc), et autant d’enfants observant l’attraction du jour : nous !…
Et Baba, son neveu, qui finit le lycée. Il veut faire du droit, ensuite… Il nous aide tous les soirs à nous faire comprendre (Mam’ non plus ne parle pas français), puis nous raccompagne jusqu’au Bice, on discute, c’est un moment privilégié… Et Bintou, la fille de Mam’, plus en retrait, mais avec laquelle nous avons échangé quelques mots dimanche, et beaucoup de sourires depuis… Et tous les autres que nous saluons régulièrement… Déjà, nous ne nous sentons plus complètement étrangers !
mar
13
oct
2009
Enfin le CAPA!
Un peu égoïstement, je (Amélie) me sers de ce blog commun (mais c'est quand même le meilleur moyen pour que vous soyiez au courant!) pour partager avec vous une bonne nouvelle : les résultats du CAPA (certificat d'aptitude à la profession d'avocat) sont tombés hier, et je suis admise ! Me voilà donc presqu'avocate (pas encore complètement, il me reste la prestation de serment...) !
Champagne! (euh, non en fait, on n'en trouve pas ici... :))
mer
07
oct
2009
Des visages, enfin (soirée passée avec les jeunes filles du Centre)
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mar
06
oct
2009
Bamako de plus près, ça ressemble à quoi?
Les surprises sont à tous les coins de rue, pour nous Européens. Creusons un peu le sujet…
D’abord au niveau de l’habitat en tant que tel,
pas de buildings comme dans nos villes occidentales, ou si peu (cf. la tour de la BCEAO). La grande majorité des habitations, en tous cas dans notre quartier et ceux que nous avons eu l’occasion de
traverser, sont des bâtiments de plain-pied, en béton ou en terre, entourés d’une cour et séparés de la rue soit par un muret, soit par de la végétation. Les habitations sont regroupées en
« carrés », et les carrés séparés par des rues, dont la plupart sont simplement en terre (quelques autres -les axes principaux- en goudron ; on les appelle d’ailleurs les
« goudrons »). Quelques immeubles plus hauts (un à deux étages) s'élèvent de temps à autre; il s'agit parfois de maisons (appartenant à des Maliens déjà assez à l’aise…) mais surtout
d'immeubles administratifs, comme celui du Bice ou les écoles et lycées. Sur ce qui ressemble à nos trottoirs, bien qu’ils ne soient pas matérialisés, fleurissent les étals sauvages : vente de
fruits et légumes, de bouteilles d’huile et d’essence pour les motos, etc. Et plus généralement, c’est là que les habitants du quartier se regroupent pour discuter, autour d’un thé, à l’heure du
grin, et un peu n’importe quand en fait. D’où cette impression d’animation incessante dans la rue, et cette représentation de « grand village » davantage que de mégalopole.
Les bâtiments et quartiers officiels tranchent nettement avec les quartiers résidentiels. Les étages se multiplient, de belles allées bien entretenues y mènent, des grilles un peu travaillées les protègent, le style est moderne… Bref, c’est un autre monde, où manifestement l’argent ne manque pas. Ici les photos de ces bâtiments officiels sont interdites, on n’a pas pris le risque d’enfreindre cette règle, il faudra donc se contenter de photos prises de très loin !
Bamako compte 2,2 millions d’habitants, c'est-à-dire 16 % de la population du Mali (sans compter les moutons, que l'on peut voir surgir inopinément dans la moindre rue, et les ânes, fidèles tracteurs de charrettes et autres carioles) ; mais du fait de la faible concentration de l’habitat (encore que… la tradition de la « grande famille » se perpétue encore, même en ville ; certaines « cours » ou « concessions » regroupent donc plus de 40 personnes !), la ville est très étendue, de part et d’autre du fleuve Niger. Sa superficie (262 km carrés) représente plus du double de celle de Paris intra muros. D’où une impression d’espace vraiment agréable (par rapport aux cinq étages haussmanniens engoncés dans leurs compactes avenues), renforcée par la présence d’arbres en grand nombre (bien verts en cette fin de saison des pluies). Et la désagréable sensation de devoir parcourir de longues distances pour aller quelque part (par exemple au travail !).
Quid des services collectifs pour ces 2 millions d’habitants ? On ne mentira pas en estimant qu’ils sont réduits au strict minimum. C'est-à-dire un service d’adduction potable traitée (oui oui, on en boit et tout va bien !) et de distribution d’électricité, dont tous les habitants ne bénéficient d’ailleurs pas.
Le ramassage et le traitement des déchets ? Inconnu, apparemment, au vu de l’état des rues où trônent les déchets jetés là par les habitants (le concept de poubelle semble également largement ignoré), et des odorantes décharges de plein air qui poussent comme des champignons. Tout aussi capiteux sont les égouts, eux aussi laissés à l’air libre.
Les transports ? Mobylette, plus rarement voiture (mais alors là, le nombre de places est plus qu’optimisé !), taxi (qui reste assez cher comparé au niveau de vie moyen), ou « Sotroma » : minibus verts aménagés de manière à pouvoir accueillir le plus de passagers possibles (20 à 30...), très économiques (50 à 100 FCFA pour aller sur l’autre rive contre 1500 FCFA en taxi !). Le problème : ils n’affichent pas leur destination… On n’a pas encore testé ! En tous cas, pas de bus, encore moins évidemment de métro ou de tram. Français, cessez de vous plaindre de la RATP ou ses équivalents provinciaux, svp !
La voirie ? Comme dit plus haut, quelques « goudrons », de rares passages cloutés et feux rouges, et deux ponts en tout et pour tout (pont des Martyrs, 1960, et pont du roi Fahd d'Arabie saoudite qui en fut le bailleur de fonds) pour relier les deux rives (un troisième en construction, cadeau chinois). Pour mémoire, Paris compte à elle seule 37 ponts. Tout cela explique cette circulation dont l’on ne saisit pas tout à fait la rationalité... Question d’habitude !
De ces observations de résidents au regard neuf nous essaierons de tirer des articles de fond plus détaillés et étayés. Mais pour ce soir, on s’arrête, le temps de mettre quelques photos en ligne pour aller ensuite suivre notre leçon quotidienne de bamanankan (langue bambara… en bambara !).
mar
06
oct
2009
Orage bamakois
Quelques images d'un début d'orage à Bamako. Pour nous, c'est le bonheur: la température chute (dans les 20 degrés, voire moins), et ce rafraîchissement dure une bonne partie de la journée du lendemain. Autant dire que l'on attend ces orages, qui plus est assez spectaculaires, avec impatience...
dim
04
oct
2009
Deux premiers jours de travail
Nous voilà à Bamako depuis presque une semaine. On commence à se familiariser un peu avec le quartier, et on passe de nouvelles étapes dans nos découvertes tous les jours ! Jeudi et vendredi, nous avons commencé le travail.
Pour moi (Thomas), ça a été un peu complexe : pas de contact très approfondi avec mon équipe avant le départ, aucune idée de l'endroit où se trouvaient les bureaux en arrivant… Dès mardi on a finalement appris que la DNM (Direction nationale de la météorologie) se situe vers l'aéroport. C'est à dire à un bon 20 minutes en voiture de l'appartement ! Petit souci: comment y aller ? En taxi ? C'est cher (plus de 100 euros par mois)... A pied, c'est beaucoup trop loin. En mobylette ? Comment dire... Etant donné l'application très particulière du Code de la route qui est faite par les Maliens, nous avons préféré ne pas trop réfléchir à cette solution. C'est donc en taxi que je suis parti le 1er jour... Mais soulagement : j'ai appris sur place que la DNM met à disposition de ses employés une navette aller retour depuis le centre de Bamako, laquelle, heureux hasard, passe sur l'échangeur routier juste à côté de chez nous. Ouf! Quant au travail en lui-même, c'est un peu flou pour l'instant !
En arrivant jeudi, date prévue du début de mon stage, je n'étais visiblement pas très attendu... Le directeur national (avec qui j'avais discuté) était parti en mission pour 15 jours (conférence sur le climat des Nations Unies de Bangkok). Le directeur adjoint m'a donc gentiment reçu mais n'était pas très au fait du dossier. Il m'a donc envoyé chez le directeur de la branche recherche et développement de la DNM qui m'a très agréablement reçu et écouté. Il m'a ensuite confié que lui non plus n'était pas très au courant, mais m'a indiqué qu'on allait faire un programme ensemble, bien que ce que je lui avais exposé ne corresponde pas vraiment à ce qui est fait d'habitude au sein de la DNM (structure scientifique, où seul le directeur national semble s'occuper des questions plus politiques telles les négociations internationales sur le climat). Le « programme » détaille seulement les premiers jours, ce qui me convient. Le temps que ce document soit écrit, que le directeur réalise la prévision météo hebdomadaire, qu'il fasse passer un entretien à un stagiaire malien, qu'il reçoive une doctorante, que nous discutions... je suis resté assis en face de son bureau (pendant environ 6 h !). Heureusement, j'avais un peu de lecture, mais c'était long quand même ! Il m'a ensuite raccompagné en voiture.
Le lendemain, vendredi, je devais encore passer la journée dans le service R&D, avec le directeur, pour en savoir plus sur le fonctionnement du service. Mais le directeur n'est arrivé (tard) que pour mieux repartir car il avait une réunion toute à la journée au ministère.... Il m'a donc dit, ainsi qu'à l'autre stagiaire -Abdramane-, que nous étions « free » pour la journée. Nous nous sommes installés dans un bureau et nous avons discuté (Abdramane a essayé de m'apprendre un peu de bambara). Puis nous avons pu avoir accès à internet avec mon ordinateur... Ce qui m'a permis de travailler par moi même tout le reste de la journée. En résumé : tant que le directeur national ne sera pas rentré (fin de semaine prochaine), je serai assez libre ! J'espère que tout va se préciser avec son retour.
Pour moi (Amélie), c'était plus facile : j'avais suivi une semaine de formation au Bice en Allemagne, me préparant à mes futures tâches ; en outre, d'un point de vue pratique, les bureaux du Bice sont situés juste en dessous de l'appartement que nous occupons, et nous avions rencontré l'équipe dès mardi, ce qui facilite la prise de fonctions !
Mon arrivée n'était donc pas une surprise pour l'équipe, qui m'a très bien accueillie. Les deux journées sont passées assez vite car il y a beaucoup à faire : remplir une demande de financement et travailler sur le Recueil sur la minorité... et comme c'est du travail de rédaction, assez peu apprécié par l'équipe, je suis très sollicitée.
La difficulté, c'est d'avancer sur tous les points auxquels je n'ai pas de réponse ou que je ne connais pas bien (parce que je ne connais pas les détails de l'activité du Bice, ni du droit malien des enfants !). D'abord parce que les membres de l'équipe sont souvent dehors pour les tournées de commissariats, tribunaux, prisons. Ensuite parce qu'en l'absence du chef (ce qui était le cas vendredi), rien ne peut se faire, parce que TOUT se fait en équipe!... Les nombreuses questions que je me posais n'ont donc pas pu recevoir de réponse, il faudra attendre son retour lundi... Et puis aussi, sur une journée de 7-8 heures (on commence vers 8.30, et la « descente », comme on dit ici, se fait vers 16.30)... environ 3-4 heures sont effectivement consacrées au travail. Le reste du temps, on discute, on déjeune, on prend le thé, on fait la pause ; il ne sert à rien de se presser, on a le temps... Ça a ses bons côtés: je me sens bien intégrée, je partage le repas (repas africain: on mange local, riz sauce, ou fonio, avec un bout de viande ou de poisson, tous dans le même plat, à la main... mais je fais ma toubab: je garde ma fourchette, je trouve encore ça plus pratique pour le moment !), le thé, les discussions... Mais cela présente aussi un inconvénient majeur, par rapport en tous cas à ma façon habituelle de travailler : je me sens bien moins efficace... Enfin globalement, je suis plutôt satisfaite de cette prise de contact : j'ai la chance de travailler dans un environnement très sympathique, et je ne suis pas désœuvrée, loin s'en faut !
sam
03
oct
2009
Vues depuis la colline de l'Université
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ven
02
oct
2009
Et une petite précision...
Vous trouverez nos réponses à vos commentaires (merci bcp ! ) à la suite des vôtres (le seul moyen que nous avons de répondre est d'ajouter nous-mêmes un nouveau commentaire).
Pabajo
