mar.

27

oct.

2009

Que faire avec 10 000 FCFA ?

Voici une liste non exhaustive de ce qu'on peut faire à Bamako avec 10 000 FCFA, soit 15€.

 

Se déplacer

  • faire 1 aller en taxi entre l'aéroport et mon hôtel de luxe ou un aller-retour (si je sais très bien négocier)
  • faire 66 voyages en sotrama (taxi collectif) entre différents quartiers de Bamako ou 120 voyages équivalents en mobylette
  • aller à Mopti depuis Bamako (640 km) en bus, avec un bagage

 

Manger

  • 50 plats de riz-sauce (ou similaire) dans une petite échoppe de rue
  • 1 à 10 plats dans un restaurant pour toubabou (entrée de gamme)
  • 9 paquets de biscuits (origine France) chez l'épicier libanais
  • 66 baguettes de pain chez le boulanger libanais
  • 200 oranges ou 14 grosses pastèques ou 25 kg de bananes

 

Boire

  • 9 litres de jus de mangue (origine Egypte) ou de jus d'ananas (origine Cote d'Ivoire)
  • 10 bières locales Castel (75 cL) dans un maquis (bar avec musique)
  • 100 bouteilles (35 cL) de jus local : bissap ou gingembre
  • 25 bouteilles d'eau minérale (1,5 L)

 

Communiquer

  • économiser encore un peu pour m'acheter prochainement un téléphone portable bas de gamme dans une boutique de rue à 16 000 FCFA
  • disposer de 104 minutes de communications voix sur Orange Mali (vers tout réseau, à toute heure)

 

Loisirs/culture

  • fairea imprimer 20 photos à partir de mon appareil photo numérique
  • faire 4 visites du musée national
  • acheter un dictionnaire français-bambara
  • aller 3 fois à un concert d'un musicien connu au centre culturel français
  • aller 20 fois au stade pour voir un match de foot (place non couverte)
  • aller 5 fois à la piscine d'un grand hôtel de luxe (piscine quasi-privative !)
  • acheter 4 petits masques traditionnels au marché artisanal
  • acheter 40 cartes postales au musée national
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dim.

25

oct.

2009

Au travail...

Nous voilà, chacun de notre côté, dans un environnement de travail tout nouveau. Après quelques semaines, nous voulions partager avec vous nos premières impressions… Evidemment, elles ne doivent pas être extrapolées à l’ensemble de la société malienne, car elles ne sont que le reflet de nos observations, par nature limitées et incomplètes !

 

  • Le monde des bureaux est essentiellement masculin. Les femmes occupent le plus souvent des postes de secrétaire ou en lien avec la "social" au sens large. Si cette situation s’explique pour partie par une vision encore très « traditionnelle » du rôle de la femme ( à elles le social, aux hommes le reste), elle est surtout due au faible taux de scolarisation des filles. En effet, notamment dans les villages, les petites filles sont utiles à la gestion du foyer familial : elles sont souvent associées, dès le plus jeune âge, aux travaux ménagers, et à la garde de leurs frères et sœurs  lorsque leur mère est aux champs ; en outre, la fille, une fois mariée, « appartient » à la famille du mari : dans ces conditions, à quoi cela sert-il d’assurer son éducation ? Les chiffres officiels mentionnent une différence de 20 points entre taux brut de scolarisation des filles et des garçons (65,1% en 2005-2006 pour les filles en 1er cycle, contre 85,1 % pour les garçons ;  sur la même période, 31,1% en second cycle pour les filles, contre 52,1% pour les garçons). Cela se voit vite sur le terrain : à la bibliothèque nationale (BN), sur une quarantaine de lecteurs, seulement trois femmes... Quelques exceptions existent toutefois, et certaines femmes parviennent à accéder à des postes à responsabilité ; c’est ainsi que le poste de coordinateur national adjoint du Bice a été attribué à une femme.

Faute de moyens, les outils de travail sont souvent insuffisants pour un travail efficace : utilisation de PC antiques en nombre insuffisant ;  absence de recensement informatique des ouvrages de la BN, dont le cahier de doléances précise que l’informatisation est en cours ; absence d’accès aux textes juridiques, y compris pour les juristes – qui peuvent ne pas savoir qu’une des lois qu’ils utilisent quotidiennement a été modifiée il y a plus de 2 ans, même si cette loi intervient dans leur matière de spécialité et même s’ils sont membres du cabinet ministériel du ministre de la justice ( !) ; ne parlons pas de bases de données informatiques, auxquelles n’importe quel étudiant en fac a accès en France. Dans les rares cas où de tels outils sont mis à disposition, ils sont généralement mal maîtrisés. Ainsi, certains de nos collègues nous ont déjà demandé de leur prodiguer une formation en traitement de texte… Forcément : à la fac, la formation informatique reste théorique ! Vous pouvez imaginer la présentation des documents, et les problèmes d’image de l’organisme qui en découlent…

 

  • Nous parlons tous français, certes… mais ça n’est pas toujours le même! Il est quelque peu surprenant, et parfois comique, de devoir subir un discours sentencieux de 10 minutes, parfois à coup de citations du dictionnaire, sur la signification d’un terme donné ! Exemple, à propos du terme « implications » (d’un évènement sur un autre) : « ce vocable, là, suppose que l’on s’implique, n’est-ce pas, donc, je ne vois pas ce que la personne qui l’a écrit a voulu dire ; non vraiment, ça n’est pas correct ; je suggère qu’on le remplace par le mot « impact »,  qui est le seul valable, etc etc ». On a parfois l’impression de s’épuiser à se faire comprendre, ou à comprendre…

 

  • Le temps malien est lui aussi parfois déconcertant, lorsqu’il est appliqué au travail ; d’un côté, les palabres, le thé, etc, peuvent durer des heures (sans que pendant ce temps le travail avance) ; certaines personnes peuvent soit ne pas venir travailler, soit écourter leur journée ; les travaux préalables à des ateliers de travail communs ne sont parfois pas effectués… De l’autre, lorsque le besoin s’en fait sentir, les Maliens font des heures supplémentaires (et pas dans le cadre du travailler plus pour gagner plus !) sans aucunement se plaindre, et sont même prêts à travailler chez eux le soir et le week-end… C’est une logique qui nous échappe encore un peu !

 

  • Sur certains lieux de travail existe le système des « amendes », qui n’est pas très simple à cerner pour nous car il se fonde sur les relations entre nos collègues : par exemple, si un jeune manque de respect à un plus âgé, il pourra « être amendé » ; il devra alors, suivant les cas, aller chercher un paquet de cigarettes, offrir une boisson à tout le monde, etc. Le plus compliqué est de savoir quand on manque de respect ou pas, d’autant plus que le système est souvent utilisé sur le ton de la plaisanterie, davantage comme une menace qu’une réalité…

 

  • Et puis, d’une manière générale, ce n’est pas toujours facile vis-à-vis de certaines personnes de faire valoir un point de vue, ou même de présenter des observations parfaitement objectives, lorsque l’on est  blanc (donc étranger, donc ne comprenant pas les réalités locales – ce qui est vrai évidemment pour un certain nombre de choses !), et plus encore  jeune et femme… Mais ces difficultés, si elles ne facilitent pas le travail, ne le bloquent pas pour autant ; et elles permettent aussi d’apprendre beaucoup, sur le plan des relations humaines.

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dim.

25

oct.

2009

Avec les filles

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ven.

23

oct.

2009

Quelques réponses en vrac

D’abord, car c’est le plus important : plus d’inquiétudes à avoir, Thomas a recouvré la pleine forme. Merci à tous de vous être inquiétés et de nous avoir manifesté votre soutien !

 

Et puis, quelques réponses à certains de vos commentaires et questions.

 

S’agissant des axes routiers : oui, il y a vraiment des rues aussi droites. En fait, le découpage, au moins dans notre quartier, ressemble beaucoup à celui des villes américaines (c’est très rectangulaire). Sauf que toutes les rues ne sont pas bitumées… Et oui également, nous habitons à côté d’un grand axe routier. Il s’agit d’une route bitumée à 2 fois 2 voies, qui est très empruntée, la circulation y est assez dense (et variée : voitures, petites mobylettes chinoises que tout le monde utilise ici, piétons, charrettes tirées par des ânes, …). S’agissant des routes à l’intérieur du pays, comme nous ne sommes pour le moment pas sortis de Bamako, nous ne pouvons pas en parler.

 

Pour les déplacements, on utilise jusqu'alors le taxi, bien moins cher qu’en Europe. Nous avons aussi fait notre baptême de mobylette, car notre ami Amadou nous a invités lundi soir chez sa fiancée et est venu nous chercher avec un ami… et leurs mobylettes ! Nous sommes donc montés derrière eux. Ils maîtrisent bien leurs machines, et ont roulé lentement à notre demande… Mais tout de même, on ne se sentait pas très rassurés, surtout sans casque ! Et sinon, dernier moyen de transport, le Sotroma, minibus collectif très économique mais au fonctionnement complexe pour qui ne connaît pas bien la ville (car les destinations et le parcours ne sont pas affichés et que les annonces de destination se font l'oral généralement en bambara).

 

A propos du fleuve : il s’agit du Niger (nous avons mis en ligne des photos dans des posts antérieurs). A Bamako, le fleuve est très large, plus que tous nos fleuves français. En fait, il traverse plusieurs pays, sur près de 4200 kilomètres (Guinée, Mali, Niger, Nigeria). Nous en reparlerons sûrement dans d’autres articles !

 

S’agissant du logement : il est gracieusement mis à notre disposition par l’association pour laquelle travaille Amélie. Nous n’avons donc pas eu à le chercher et heureusement, car ça aurait été difficile sans connaître la ville. Par un heureux hasard, la localisation est très pratique pour Thomas car la navette qui transporte les employés vers son lieu de travail passe juste à côté de chez nous.

 

S’agissant des photos : il n’y a pas de visages d’autres Blancs parce que, effectivement, nous sommes les seuls Toubab dans le quartier ! En fait, une collègue allemande d’Amélie est arrivée il y a 15 jours, mais elle n’était pas présente lorsque nous avons pris nos photos.

 

A propos des noms de quartiers : pas faciles à maîtriser ! En fait, « bougou », ou « bugu » en orthographe bambara, veut dire hutte et hameau (les mots bambara ont souvent plusieurs sens), et donc par extension « quartier ». C’est « bugun » (verbe) qui signifie augmenter, se multiplier. Il existe d’ailleurs une ville au Mali dont le nom est Bougouni (petite case).

 

Voilà, on espère avoir répondu aux interrogations des uns et des autres !

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dim.

18

oct.

2009

Situation géographique

Nous habitons précisément dans le bâtiment où est situé le point rouge. Il suffit de cliquer sur "+" ou "-" (en haut à gauche) afin de changer l'échelle de la carte et pour nous localiser dans Bamako, au sein du Mali, en Afrique, ou même dans ce vaste monde !

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dim.

18

oct.

2009

Meilleure santé !

Nous n'avons pas été très prolixes cette semaine. C'est que nos plans ont été quelque peu bouleversés par une petite mésaventure... Un petit flash back sur les journées de mercredi et jeudi s'impose donc pour narrer cette expérience certes désagréable, mais finalement banale pour des toubabous en Afrique.

 

Mercredi matin, très tôt vers 3h du matin, j'ai (Thomas) commencé à avoir un très fort mal de ventre, rapidement accompagné de problèmes digestifs (je vous laisse imaginer :)). J'ai tout de même décidé d'aller à mon travail, en pensant que les douleurs passeraient rapidement, et surtout dans l'espoir de rencontrer mon chef de service, rentré depuis le lundi... Finalement, comme les jours précédents, mon entrevue avec le chef de service a été reportée au lendemain ; mon mal de ventre s'était accentué, j'ai préféré rentrer vers 13h pour me reposer. J'ai rapidement constaté que j'avais de la fièvre, malgré un Doliprane pris quelques heures auparavant. Puis des courbatures, mal de tête, troubles de la vision sont arrivés progressivement...

 

Tous ces sympathiques symptômes pouvant être ceux du paludisme, nous commençons vraiment à nous inquiéter. 15h, nous décidons avec Amélie de nous rendre immédiatement au centre de santé situé à côté de chez nous, après avoir prévenu les collègues d'Amélie qui me souhaitent tous « meilleure santé ».

 

Le centre de santé de référence de la commune V est une annexe décentralisée de l'hôpital public (Bamako est découpée en 6 communes). Les locaux sont exigus, partiellement délabrés, ça ne sent pas très bon, les gens rentrent et sortent (on assiste même à une altercation entre un médecin et un couple en bambara), la propreté douteuse... Mais nous sommes « pris en charge » assez vite. Prise en charge est un bien grand mot: après que je lui ai expliqué mes symptômes et qu'il a pris ma température, l'interne prescrit un « test de la goutte épaisse », qui permet de savoir si on a le palu ou pas; nous devons trouver seuls le laboratoire qui effectue le test (qui prend une demi-heure et coûte 750 Fcfa (1,1€)) ; et patienter à l'extérieur, en pleine chaleur (mais tout de même à l'ombre) avant d'avoir les résultats et d'être redirigés vers le premier médecin.

 

Lequel rend son verdict : j'ai le palu et il est développé à un niveau élevé. Un traitement de cheval m'est prescrit. Peu inspirés par l'idée de rester ici, nous décidons de rentrer à l'appartement et d'appeler notre assurance; pour pouvoir être couverts il faut en effet la prévenir préalablement à toute démarche; nous espérons aussi qu'elle pourra nous rediriger vers un meilleur hôpital... Bizarrement, quand la santé est en jeu, on a une très pressante envie de retrouver des standards occidentaux! Cela ne nous empêche pas de penser à tous ces hommes et femmes qui sont ici et n'iront pas ailleurs, eux, faute de moyens. Rien ne justifie a priori que je puisse être mieux soigné qu'eux ...

J'enrage : pourquoi n'avoir pas réagi plus tôt, dès les 1ers symptômes ? Je suis dégoûté : nous ne sommes arrivés qu'il y a 15 jours, j'ai donc dû être contaminé dès les premiers jours (le parasite se développe au bout de 7 jours à plusieurs semaines à compter de la piqûre du moustique infecté). Je ne comprends pas: nous avons été très précautionneux et je n'ai pas le souvenir d'une piqûre... Je joue vraiment de malchance... Je n'ai pas envie d'avoir le palu ; mais c'est trop tard.

 

En arrivant à l'appartement, j'avale en urgence un cachet de Malarone, qui ne suffira pas à me guérir mais peut ralentir la progression du palu. Je me recouche : malgré l'air à 35°C, un duvet de montagne conçu pour aller jusque 0°C suffit à peine à me réchauffer. La fièvre est forte. Je fantasme, m'imaginant des complications dues au palu, un rapatriement sanitaire... Amélie s'occupe des démarches avec l'assurance ; après discussion avec un médecin, il nous est conseillé d'aller à la polyclinique Pasteur, avec laquelle ils ont des accords de paiement. Le temps de glisser le strict nécessaire dans un sac (change, eau, papier toilettes – eh oui, il n'y en a pas partout ici...), et nous y partons en taxi, au son des « meilleure santé » à nouveau lancés par les collègues d'Amélie.

 

17 heures : en arrivant à la clinique, nous sommes rassurés par le bon état des locaux ; et, luxe parmi le luxe, le médecin nous attend (prévenu par l'assurance). Nous sommes cette fois réellement pris en charge, et c'est un vrai soulagement. Le médecin doute du diagnostic établi par le centre de santé (espoir), fait refaire des tests (prise de sang), et les résultats montrent que je n'ai en réalité pas le palu (gros soulagement). Il s'agit en fait d'une gastro-entérite, probablement due à une intoxication alimentaire, doublée d'une légère déshydratation. Une perfusion avec antibiotiques, antalgiques et solution réhydratante permet de faire chuter rapidement la fièvre (après être montée largement au dessus de 40°C), et de diminuer les douleurs. Nous restons 24h à la clinique, le temps de stabiliser la situation, de faire une indigestion de TV (dans l'urgence, nous n'avions pas pensé à emmener de quoi nous distraire), de se faire souhaiter « meilleure santé » par tout le personnel médical, et de subir de nouveaux tests indiquant que tout semble rentré dans l'ordre. Nous sortons donc jeudi en fin d'après-midi, quittes pour une grosse frayeur.

 

En soi, cette expérience n'est pas très originale : tous les blancs sont un peu faibles ici, et je ne suis pas le seul à qui ce genre de désagrément est arrivé. Un peu de positif dans l'aventure: nous savons désormais où aller (et surtout ne pas aller) en cas de problème de santé ; nous savons comment fonctionne l'assurance ; mes défenses immunitaires doivent être un peu renforcées. Et puis nous avons à nouveau eu une preuve de la gentillesse des Maliens : tous ceux qui ont été avertis de mon problème de santé se sont inquiétés véritablement de mon état, loin de l'indifférence que l'on constate parfois chez nous. Meilleure santé !

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dim.

18

oct.

2009

Après-midi avec nos amis du quartier Mali

3 commentaires

mar.

13

oct.

2009

Ceux qui nous entourent

[Nous mettrons des photos en ligne demain. En attendant, si vous avez un peu de temps, vous pouvez aller lire notre dernier article de fond ici !]

 

Plus de 2 semaines à présent que nous sommes installés. Toujours dans la phase de découverte mais les premières habitudes s’installent également… Et les contacts se multiplient.

 

Avec nos collègues de travail évidemment, avec lesquels nous avons des discussions intéressantes, de la politique intérieure malienne (très critiquée, à tous points de vue – nous y reviendrons) à la politique intérieure/extérieure française (vertes critiques de notre bon président – certains discours et attitudes laissent des traces !-, admiration surprenante de Villepin, etc.), en passant par le tourisme, ou les débats passionnés sur les questions de société, etc.

 

Avec les jeunes filles du Centre aussi. Nous approfondissons les contacts malgré notre bambara balbutiant (eh oui, contrairement à ce qu’on nous avait dit, tout le monde ne parle pas français à Bamako, loin de là ; et même les francophones parlent souvent bambara entre eux. Les quelques mots appris avant le départ et nos séances de travail régulières sont donc d’une particulière importance !). Quoi qu’il en soit, nous mangeons régulièrement avec les filles et elles se font un plaisir de nous faire goûter les plats qu’elles ont préparé ; nous avons aussi passé plusieurs soirées avec elles, autour de jeux de cartes, tresses, autres jeux (style « Le facteur n’est pas passé ») : au-delà des paroles, un début de complicité s’établit ! Et avec celles qui parlent français, on peut plus facilement discuter.

Pas toujours simple d’ailleurs, car si elles sont là, c’est bien qu’elles ont traversé des événements dramatiques auxquels nous ne sommes pas nécessairement préparés à  être confrontés… Elles nous rappellent d’ailleurs parfois à cette réalité – par exemple lorsqu’elles nous demandent de prendre leur bébé, qu’elles n’ont pas vraiment désiré, avec nous lorsque nous rentrerons en France… Malgré cela, c’est étonnant de voir à quel point elles prennent sur elles et vont de l’avant. Nous ne sommes évidemment pas présents en permanence et ne comprenons pas tout ce qui se dit, mais il se dégage une extraordinaire impression générale de dynamisme et de bonne humeur.

 

Il y a aussi les connaissances avec lesquelles nous tissons des liens, progressivement :

 

Amadou, l’étudiant en médecine rencontré par Thomas en France en décembre dernier, et qui nous a invités à partager un petit déjeuner chez lui et nous a fait découvrir le samedi matin d’une famille bamakoise. Partage du temps africain : petit déjeuner, repos à l’ombre du manguier tout en discutant, thé (les trois thés maliens, on vous expliquera plus tard), discussions à nouveau, pendant que la maman est au marché et que les domestiques rangent, puis préparent le repas du midi… Amadou est en thèse de médecine mais n’a pas d’ordinateur ; il se connecte, une heure par ci, une heure par là, à l’hôpital ou dans un cyber, pour ajouter quelques lignes au texte enregistré sur une précieuse clé usb…

 

Mam’, la dame qui tient le petit restaurant à 200 mètres de chez nous, chez qui tout le quartier  (nous inclus) vient chercher ses repas (on mange pour moins de 500 FCFA – soit moins d’un euro- pour deux !). Elle semble nous avoir pris en amitié et nous a invités à venir préparer, dimanche dernier, le repas avec elles. Nous avons accepté avec plaisir et nous sommes retrouvés, à l’heure dite, dans la cour attenante au restaurant. Après nous avoir fait prendre des forces à coup de purée d’igname et sauce, elle nous a gentiment mis à contribution : tamisage d’une espèce de poudre humide très compacte (poudre de banane), qui sert à confectionner l’un des plats quotidiens. Et remplissage de petits sachets de pop corn maison. Dans la cour, une dizaine de femmes travaillant (lessive, préparation du repas, nettoyage, etc), et autant d’enfants observant l’attraction du jour : nous !…

 

Et Baba, son neveu, qui finit le lycée. Il veut faire du droit, ensuite… Il nous aide tous les soirs à nous faire comprendre (Mam’ non plus ne parle pas français), puis nous raccompagne jusqu’au Bice, on discute, c’est un moment privilégié… Et Bintou, la fille de Mam’, plus en retrait, mais avec laquelle nous avons échangé quelques mots dimanche, et beaucoup de sourires depuis… Et tous les autres que nous saluons régulièrement… Déjà, nous ne nous sentons plus complètement étrangers !

 

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mar.

13

oct.

2009

Enfin le CAPA!

Un peu égoïstement, je (Amélie) me sers de ce blog commun (mais c'est quand même le meilleur moyen pour que vous soyiez au courant!) pour partager avec vous une bonne nouvelle : les résultats du CAPA (certificat d'aptitude à la profession d'avocat) sont tombés hier, et je suis admise ! Me voilà donc presqu'avocate (pas encore complètement, il me reste la prestation de serment...) !

 

Champagne! (euh, non en fait, on n'en trouve pas ici... :))

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mer.

07

oct.

2009

Des visages, enfin (soirée passée avec les jeunes filles du Centre)

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mar.

06

oct.

2009

Bamako de plus près, ça ressemble à quoi?

Les surprises sont à tous les coins de rue, pour nous Européens. Creusons un peu le sujet…

 

D’abord au niveau de l’habitat en tant que tel, pas de buildings comme dans nos villes occidentales, ou si peu (cf. la tour de la BCEAO). La grande majorité des habitations, en tous cas dans notre quartier et ceux que nous avons eu l’occasion de traverser, sont des bâtiments de plain-pied, en béton ou en terre, entourés d’une cour et séparés de la rue soit par un muret, soit par de la végétation. Les habitations sont regroupées en « carrés », et les carrés séparés par des rues, dont la plupart sont simplement en terre (quelques autres -les axes principaux- en goudron ; on les appelle d’ailleurs les « goudrons »). Quelques immeubles plus hauts (un à deux étages) s'élèvent de temps à autre;  il s'agit parfois de maisons (appartenant à des Maliens déjà assez à l’aise…) mais surtout d'immeubles administratifs, comme celui du Bice ou les écoles et lycées. Sur ce qui ressemble à nos trottoirs, bien qu’ils ne soient pas matérialisés, fleurissent les étals sauvages : vente de fruits et légumes, de bouteilles d’huile et d’essence pour les motos, etc. Et plus généralement, c’est là que les habitants du quartier se regroupent pour discuter, autour d’un thé, à l’heure du grin, et un peu n’importe quand en fait. D’où cette impression d’animation incessante dans la rue, et cette représentation de « grand village » davantage que de mégalopole.

 

Les bâtiments et quartiers officiels tranchent nettement avec les quartiers résidentiels. Les étages se multiplient, de belles allées bien entretenues y mènent, des grilles un peu travaillées les protègent, le style est moderne… Bref, c’est un autre monde, où manifestement l’argent ne manque pas. Ici les photos de ces bâtiments officiels sont interdites, on n’a pas pris le risque d’enfreindre cette règle, il faudra donc se contenter de photos prises de très loin !

 

Bamako compte 2,2 millions d’habitants, c'est-à-dire 16 % de la population du Mali (sans compter les moutons, que l'on peut voir surgir inopinément dans la moindre rue, et les ânes, fidèles tracteurs de charrettes et autres carioles) ; mais du fait de la faible concentration de l’habitat (encore que… la tradition de la « grande famille » se perpétue encore, même en ville ; certaines « cours » ou « concessions » regroupent donc plus de 40 personnes !), la ville est très étendue, de part et d’autre du fleuve Niger. Sa superficie (262 km carrés) représente plus du double de celle de Paris intra muros. D’où une impression d’espace vraiment agréable (par rapport aux cinq étages haussmanniens engoncés dans leurs compactes avenues), renforcée par la présence  d’arbres en grand nombre (bien verts en cette fin de saison des pluies). Et la désagréable sensation de devoir parcourir de longues distances pour aller quelque part (par exemple au travail !).

 

Quid des services collectifs pour ces 2 millions d’habitants ? On ne mentira pas en estimant qu’ils sont réduits au strict minimum. C'est-à-dire un service d’adduction potable traitée (oui oui, on en boit et tout va bien !) et de distribution d’électricité, dont tous les habitants ne bénéficient d’ailleurs pas.

 

Le ramassage et le traitement des déchets ? Inconnu, apparemment, au vu de l’état des rues où trônent les déchets jetés là par les habitants (le concept de poubelle semble également largement ignoré), et des odorantes décharges de plein air qui poussent comme des champignons. Tout aussi capiteux sont les égouts, eux aussi laissés à l’air libre.

 

Les transports ? Mobylette, plus rarement voiture (mais alors là, le nombre de places est plus qu’optimisé !), taxi (qui reste assez cher comparé au niveau de vie moyen), ou « Sotroma » : minibus verts aménagés de manière à pouvoir accueillir le plus de passagers possibles (20 à 30...), très économiques (50 à 100 FCFA pour aller sur l’autre rive contre 1500 FCFA en taxi !). Le problème : ils n’affichent pas leur destination… On n’a pas encore testé ! En tous cas, pas de bus, encore moins évidemment de métro ou de tram. Français, cessez de vous plaindre de la RATP ou ses équivalents provinciaux, svp !

 

La voirie ? Comme dit plus haut, quelques « goudrons », de rares passages cloutés et feux rouges, et deux ponts en tout et pour tout (pont des Martyrs, 1960, et pont du roi Fahd d'Arabie saoudite qui en fut le bailleur de fonds) pour relier les deux rives (un troisième en construction, cadeau chinois). Pour mémoire, Paris compte à elle seule 37 ponts. Tout cela explique cette circulation dont l’on ne saisit pas tout à fait la rationalité... Question d’habitude !

 

De ces observations de résidents au regard neuf nous essaierons de tirer des articles de fond plus détaillés et étayés. Mais pour ce soir, on s’arrête, le temps de mettre quelques photos en ligne pour aller ensuite suivre notre leçon quotidienne de bamanankan (langue bambara… en bambara !).

 

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mar.

06

oct.

2009

Orage bamakois

Quelques images d'un début d'orage à Bamako. Pour nous, c'est le bonheur: la température chute (dans les 20 degrés, voire moins), et ce rafraîchissement dure une bonne partie de la journée du lendemain. Autant dire que l'on attend ces orages, qui plus est assez spectaculaires, avec impatience...

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dim.

04

oct.

2009

Deux premiers jours de travail

Nous voilà à Bamako depuis presque une semaine. On commence à se familiariser un peu avec le quartier, et on passe de nouvelles étapes dans nos découvertes tous les jours ! Jeudi et vendredi, nous avons commencé le travail.

 

Pour moi (Thomas), ça a été un peu complexe : pas de contact très approfondi avec mon équipe avant le départ, aucune idée de l'endroit où se trouvaient les bureaux en arrivant… Dès mardi on a finalement appris que la DNM (Direction nationale de la météorologie) se situe vers l'aéroport. C'est à dire à un bon 20 minutes en voiture de l'appartement ! Petit souci: comment y aller ? En taxi ? C'est cher (plus de 100 euros par mois)... A pied, c'est beaucoup trop loin. En mobylette ? Comment dire... Etant donné l'application très particulière du Code de la route qui est faite par les Maliens, nous avons préféré ne pas trop réfléchir à cette solution. C'est donc en taxi que je suis parti le 1er jour... Mais soulagement : j'ai appris sur place que la DNM met à disposition de ses employés une navette aller retour depuis le centre de Bamako, laquelle, heureux hasard, passe sur l'échangeur routier juste à côté de chez nous. Ouf! Quant au travail en lui-même, c'est un peu flou pour l'instant !

En arrivant jeudi, date prévue du début de mon stage, je n'étais visiblement pas très attendu... Le directeur national (avec qui j'avais discuté) était parti en mission pour 15 jours (conférence sur le climat des Nations Unies de Bangkok). Le directeur adjoint m'a donc gentiment reçu mais n'était pas très au fait du dossier. Il m'a donc envoyé chez le directeur de la branche recherche et développement de la DNM qui m'a très agréablement reçu et écouté. Il m'a ensuite confié que lui non plus n'était pas très au courant, mais m'a indiqué qu'on allait faire un programme ensemble, bien que ce que je lui avais exposé ne corresponde pas vraiment à ce qui est fait d'habitude au sein de la DNM (structure scientifique, où seul le directeur national semble s'occuper des questions plus politiques telles les négociations internationales sur le climat). Le « programme » détaille seulement les premiers jours, ce qui me convient. Le temps que ce document soit écrit, que le directeur réalise la prévision météo hebdomadaire, qu'il fasse passer un entretien à un stagiaire malien, qu'il reçoive une doctorante, que nous discutions... je suis resté assis en face de son bureau (pendant environ 6 h !). Heureusement, j'avais un peu de lecture, mais c'était long quand même ! Il m'a ensuite raccompagné en voiture.

Le lendemain, vendredi, je devais encore passer la journée dans le service R&D, avec le directeur, pour en savoir plus sur le fonctionnement du service. Mais le directeur n'est arrivé (tard) que pour mieux repartir car il avait une réunion toute à la journée au ministère.... Il m'a donc dit, ainsi qu'à l'autre stagiaire -Abdramane-, que nous étions « free » pour la journée. Nous nous sommes installés dans un bureau et nous avons discuté (Abdramane a essayé de m'apprendre un peu de bambara). Puis nous avons pu avoir accès à internet avec mon ordinateur... Ce qui m'a permis de travailler par moi même tout le reste de la journée. En résumé : tant que le directeur national ne sera pas rentré (fin de semaine prochaine), je serai assez libre ! J'espère que tout va se préciser avec son retour.

 

Pour moi (Amélie), c'était plus facile : j'avais suivi une semaine de formation en Europe, me préparant à mes futures tâches ; en outre, d'un point de vue pratique, les bureaux de l'ONG sont situés juste en dessous de l'appartement que nous occupons, et nous avions rencontré l'équipe dès mardi, ce qui facilite la prise de fonctions !

Mon arrivée n'était donc pas une surprise pour l'équipe, qui m'a très bien accueillie. Les deux journées sont passées assez vite car il y a beaucoup à faire : remplir une demande de financement, etc etc... et comme il s'agit principalement de travail de rédaction, assez peu apprécié par l'équipe, je suis très sollicitée.

La difficulté, c'est d'avancer sur tous les points auxquels je n'ai pas de réponse ou que je ne connais pas bien (parce que je ne connais pas  encore les détails de l'activité, ni du droit malien des enfants !). D'abord parce que les membres de l'équipe sont souvent dehors pour les tournées sur le terrain. Ensuite parce qu'en l'absence du chef (ce qui était le cas vendredi), rien ne peut se faire, parce que TOUT se fait en équipe!... Les nombreuses questions que je me posais n'ont donc pas pu recevoir de réponse, il faudra attendre son retour lundi... Et puis aussi, sur une journée de 7-8 heures (on commence vers 8.30, et la « descente », comme on dit ici, se fait vers 16.30)... environ 3-4 heures sont effectivement consacrées au travail. Le reste du temps, on discute, on déjeune, on prend le thé, on fait la pause ; il ne sert à rien de se presser, on a le temps... Ça a ses bons côtés: je me sens bien intégrée, je partage le repas (repas africain: on mange local, riz sauce, ou fonio, avec un bout de viande ou de poisson, tous dans le même plat, à la main... mais je fais ma toubab: je garde ma fourchette, je trouve encore ça plus pratique pour le moment !), le thé, les discussions... Mais cela présente aussi un inconvénient majeur, par rapport en tous cas à ma façon habituelle de travailler : je me sens bien moins efficace... Enfin globalement, je suis plutôt satisfaite de cette prise de contact : j'ai la chance de travailler dans un environnement très sympathique, et je ne suis pas désœuvrée, loin s'en faut !

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sam.

03

oct.

2009

Vues depuis la colline de l'Université

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ven.

02

oct.

2009

Et une petite précision...

Vous trouverez nos réponses à vos commentaires (merci bcp ! ) à la suite des vôtres (le seul moyen que nous avons de répondre est d'ajouter nous-mêmes un nouveau commentaire).

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jeu.

01

oct.

2009

Premières images

Photos prises depuis le toit de notre immeuble, car nous n’avons pas encore osé sortir notre gros appareil photo alors que nous ne connaissons pas encore bien les gens qui nous entourent.

(Qualité moyenne afin de ne pas surcharger le site... et notre connexion !).

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jeu.

01

oct.

2009

Retour sur le mois de septembre

Septembre a été très chargé, comme une K7 qui passe en accéléré, en allant de plus en plus vite à la fin. C’est pour cela que nous n’avons pas donné de nouvelles sur ce blog, bien que les trois dernières semaines aient été particulièrement riches.

 

Nous avons tous les deux multiplié les contacts et les rendez-vous, histoire de passer du temps avec autant de monde que possible avant le départ. Nous avons aussi dit au revoir à nos familles, puis à nos amis, au cours d’une soirée sympathique. Pas facile facile, mais merci à eux tous pour leur soutien et les bons moments passés ensemble !

 

Nous avons également pris quelques leçons de bambara, avec Yan, qui connaît bien le Mali et le Burkina, et a lui-même appris la langue sur le terrain et à la fac. Il nous reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir suivre et mener une conversation, mais nous avons pu lui poser toutes les questions restées en suspens après la lecture de notre manuel de bambara, et il nous a aussi beaucoup appris sur les traits culturels du Mali.

 

Et puis on a couru partout pour les dernières formalités et achats, du Vieux Campeur à Décathlon, de pharmacie en mairies, de centre de sécurité sociale en boutique de déblocage pour téléphone, etc… Bref, on s’est agités jusqu’à la dernière minute, d’autant plus qu’il fallait aussi vider la chambre d’Amélie pour sa future locataire, et qu’avant de pouvoir se consacrer vraiment à la préparation du voyage, Amélie a passé ses examens du CAPA (elle croise maintenant les doigts pour les résultats - le 13 octobre).

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